Carl Morin avait donné 50 000 $ à Éric Saturnin Emenenguene, en 2014, croyant faire un coup d’argent grâce à une combine douteuse. Mais quand il a compris qu’il se faisait escroquer, une bagarre a éclaté et il a asséné un coup de poing à Emenenguene, qui ne s’est jamais relevé.

Isabelle Ducas Isabelle Ducas
La Presse

Après avoir plaidé coupable à des accusations d’homicide involontaire et d’outrage à un cadavre, il y a quelques semaines, Carl Morin a été condamné mardi à cinq années de prison. Mais comme il est en détention préventive depuis plus de deux ans, et que cette période est calculée à temps et demi, il sera libre dans un an et trois mois.

Le procureur de la Couronne, Louis Bouthillier, avait demandé une peine de 10 ans de prison, en soulignant que l’accusé, même s’il s’était fait frauder, avait fait preuve d’une « morale élastique » parce qu’il voulait profiter d’un investissement louche.

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Eric Saturnin Emenenguene

« La cour n’a pas été informée des détails qui lui ont été communiqués par les fraudeurs pour l’encourager à participer au stratagème », a souligné le juge James Brunton en rendant sa décision, ce qui ne lui permet donc pas de tirer de conclusion quant à la probité de Morin.

Selon ce qui a été expliqué pendant le procès, Éric Saturnin Emenenguene, un Français d’origine camerounaise de 32 ans, était venu à Montréal dans l’intention de commettre des fraudes de type « black money » : il disait avoir des billets de banque tachés d’encre et avoir besoin d’acheter un produit spécial, très coûteux, pour les « nettoyer ».

Morin, un travailleur de la construction, se serait fait promettre une partie de l’argent après avoir contribué aux frais du prétendu nettoyage. Évidemment, rien de tout cela n’était vrai.

Au cours de l’altercation qui a éclaté entre les deux hommes, Carl Morin a été mordu, avant d’asséner le coup de poing fatal à son opposant.

En réalisant les conséquences de son geste, Morin a décidé de se débarrasser du cadavre dans un champ de Sainte-Mélanie, où il a été retrouvé par un cueilleur de petits fruits en 2015.

Le geste qui a causé la mort d’Emenenguene s’apparente plus à un accident ou à de la négligence criminelle, a souligné le juge, pour expliquer qu’une peine de cinq ans de prison lui semblait plus appropriée.