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Un geste «grave» a causé la suspension du patron de la SQ

Martin Prud'homme a été relevé de ses fonctions... (PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE)

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Martin Prud'homme a été relevé de ses fonctions de directeur général de la Sûreté du Québec, mercredi.

PHOTO OLIVIER JEAN, ARCHIVES LA PRESSE

Un geste lourd a déclenché la suspension du patron de la Sûreté du Québec (SQ), Martin Prud'homme, mercredi. La communication du Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) avec le ministère de la Sécurité publique, puis avec le Conseil exécutif, dépeint comme « grave » le fait qui allait justifier de relever de ses fonctions le numéro un de la police au Québec, a appris La Presse.

Par ailleurs, outre le directeur de la Sûreté du Québec relevé de ses fonctions par le gouvernement mercredi, deux autres policiers de la SQ ont été ou seront affectés à des tâches administratives, dans la foulée de l'enquête du Bureau des enquêtes indépendantes sur les agissements de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) durant son investigation sur les fuites journalistiques qui a mené à l'arrestation du député Guy Ouellette en octobre 2017.

Selon nos informations, ces deux policiers sont l'inspecteur André Boulanger et la lieutenante Caroline Grenier-Lafontaine.

M. Boulanger a été prêté à l'UPAC, où il est devenu chef aux opérations. C'est lui qui a été responsable de l'enquête baptisée Projet A sur les fuites de documents de l'enquête Mâchurer dans les médias, et au cours de laquelle Guy Ouellette, un policier de la SQ affecté à l'UPAC, Stéphane Bonhomme, et un retraité de la SQ, Richard Despatie, ont été arrêtés, mais jamais accusés. Une équipe spéciale composée d'enquêteurs de l'UPAC et d'autres organisations policières avait été créée pour cette enquête sur les fuites.

M. Boulanger est retourné techniquement à la Sûreté du Québec en avril 2018, mais est depuis en congé de maladie. Il y a quelques semaines, il a été avisé qu'à son retour, il sera affecté à des tâches administratives, le temps que durera l'enquête du BEI sur l'investigation Projet A de l'UPAC.

Échange de messages avec Guy Ouellette

L'autre policière, la lieutenante Caroline Grenier-Lafontaine, faisait partie de l'équipe spéciale mise sur pied pour l'enquête Projet A. C'est elle qui, notamment, a utilisé le téléphone de Richard Despatie, en se faisant passer pour ce dernier, et a longuement échangé des messages avec Guy Ouellette, alors en commission parlementaire, jusqu'à ce que le député soit arrêté quelques heures plus tard.

Selon nos informations, Mme Grenier-Lafontaine a été assignée à des tâches administratives il y a quelques semaines, le temps que se fasse l'enquête du BEI sur le Projet A.

Soulignons toutefois que l'affectation de policiers à d'autres tâches est une procédure habituelle lorsqu'ils font l'objet d'une enquête. Ces deux policiers ne font l'objet d'aucune allégation criminelle et ne sont accusés de rien.

Selon nos sources, ces allégations tireraient leur origine d'une rencontre avec un témoin que les enquêteurs du BEI ont tenue cette semaine, dans le cadre de leur enquête sur les agissements de l'UPAC lors de son investigation sur les fuites journalistiques qui a mené à l'arrestation de Guy Ouellette.

Selon des sources, Martin Prud'homme a été surpris et « abasourdi » par la décision du gouvernement.




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