(Granby) Les procédures s’annoncent longues et complexes dans le dossier du père et de la belle-mère de la fillette de 7 ans décédée au printemps dernier à Granby dans des circonstances troublantes.

Pierre Saint-Arnaud
La Presse canadienne

Tous deux vêtus de noir, les accusés étaient de retour devant la cour, lundi.

Les parties cherchaient à fixer les dates de la suite des procédures et visent la mi-février pour le début de l’enquête préliminaire. Bien que les parents seront jugés séparément en lien avec le décès de l’enfant, une portion de leur enquête préliminaire devrait être commune, les éléments de preuve étant les mêmes.

« On veut quand même faciliter l’efficacité du système judiciaire. Donc s’il y a des témoins qui sont pertinents dans les deux dossiers, on veut éviter les dédoublements et on veut viser l’efficacité », a expliqué la procureure de la Couronne, Me Laurence Bélanger, à la sortie de l’audience.

Cependant, on a pu apprendre qu’un témoin important n’est pas disponible, ce qui risque de retarder les démarches. Les parties ont convenu de se réunir à nouveau le 12 décembre malgré tout pour faire le point et à tout le moins commencer à préparer la suite des procédures.

« Il y a plusieurs discussions entre les parties au niveau de la gestion du dossier. C’est un dossier d’envergure, qui va prendre l’audition de plusieurs témoins », a fait valoir Me Bélanger, qui dit prévoir six semaines pour le procès.

« Évidemment, c’est une durée qui est évaluée de façon préliminaire, compte tenu qu’on n’a pas eu encore de discussions au niveau de la gestion du dossier et des admissions qui pourraient être faites », a-t-elle précisé.

Par ailleurs, l’avocat du père, Me Martin Latour, a avisé le juge Conrad Chapdelaine que des citoyens continuaient de briser « de manière continue dans les médias non traditionnels » les ordonnances de non-publication émises depuis le début des procédures. Bien que le ministère public n’ait porté aucune accusation liée à cette pratique jusqu’ici, Me Bélanger a indiqué devant le tribunal que les policiers étaient saisis de cette pratique et elle a invité Me Latour à lui faire part de ces transgressions.

« Il y a des ordonnances qui ont été rendues par la Cour, autant pour la publication d’éléments qui permettraient d’identifier les victimes au dossier, que les témoins », a-t-elle rappelé, tout en répétant un avertissement maintes fois émis par l’ensemble des juges au dossier dans cette triste affaire : « Il s’agit d’un crime, donc on s’expose à des poursuites criminelles ».

La belle-mère, âgée de 36 ans, est accusée du meurtre non prémédité de l’enfant et de séquestration. Détenue depuis son arrestation, elle s’est de nouveau caché le visage derrière son épaisse chevelure dans le box des accusés durant la brève comparution.

Le père, âgé de 30 ans, est accusé de négligence ayant causé la mort, d’abandon d’enfant et d’avoir omis de fournir les choses nécessaires à la vie. Il a obtenu une remise en liberté conditionnelle le 5 septembre dernier et se trouvait également sur place.

L’enfant est décédée le 30 avril dernier, le lendemain de sa découverte dans des circonstances extrêmement troublantes au domicile familial. Plusieurs ordonnances ont été émises afin d’empêcher d’identifier les victimes et témoins et de dévoiler les éléments de preuve au dossier.