Pour la deuxième fois en moins d’un an, l’ex-pilote Normand Dubé vient d’être remis en liberté par la Cour d’appel, après sa condamnation à neuf ans de pénitencier pour incendies criminels et harcèlement, il y a deux semaines.

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Dubé a été reconnu coupable en mai dernier de ces crimes, commis entre 2011 et 2014 à l’endroit de fonctionnaires avec qui il était en conflit. Il était derrière les barreaux depuis.

La Cour d’appel a accepté d’entendre sa contestation du verdict de culpabilité, en acceptant aussi qu’il soit remis en liberté jusqu’à l’audition de sa requête.

C’est la deuxième fois que l’ex-«pilote des stars», comme il était surnommé, peut ainsi retourner chez lui, jusqu’à ce que le tribunal se penche sur sa demande d’appel.

En décembre 2018, Normand Dubé a été condamné à une première peine de sept ans de réclusion pour avoir saboté le réseau d’Hydro-Québec avec son avion, mais il a été libéré une semaine plus tard, quand la Cour d’appel a accepté d’entendre sa requête pour faire casser le verdict de culpabilité et la sentence d’emprisonnement dans cette affaire.

Les deux histoires ne sont pas reliées. Mais en imposant la peine d’emprisonnement de neuf ans, il y a deux semaines, le juge Gilles Garneau a décidé qu’elle devait être purgée de façon concurrente-c’est-à-dire en même temps-que la peine de sept ans pour méfait envers Hydro-Québec. 

Les procureurs de la Couronne estiment toutefois que les deux peines doivent être purgées l’une après l’autre, pour un total de 16 ans, puisqu’il s’agit de deux crimes distincts. Ils ont donc aussi porté la sentence en appel.

La libération de Normand Dubé est assortie de conditions très strictes. Il est assigné à résidence, sauf pour de très rares exceptions. 

La saga Normand Dubé

2011 à 2014  : Normand Dubé aurait posé des actes de harcèlement et d’incendies criminels envers des fonctionnaires.

4 décembre 2014 : Il aurait saboté des lignes à haute tension d’Hydro-Québec dans les Laurentides avec son avion, provoquant une panne dans 180 000 foyers et causant des dommages de près de 30 millions.

13 septembre 2018 : Déclaré coupable de méfait pour le sabotage des installations d’Hydro-Québec, qui s’apparente à du «terrorisme», selon les procureurs de la Couronne.

10 décembre 2018 : Condamné à sept ans de prison, il prend le chemin des cellules.

18 décembre 2018 : La Cour d’appel accepte d’entendre son appel. Il est libéré sous caution jusqu’à ce que sa cause soit entendue

27 mai 2019 : Il est reconnu coupable d’incendies criminels et de harcèlement, et est emprisonné sur le champ.

16 septembre 2019 : Il est condamné à neuf ans de pénitencier.

1 octobre 2019 : La Cour d’appel accepte d’entendre son appel pour ce second verdict de culpabilité. Il est libéré sous caution jusqu’à ce que sa cause soit entendue.