Benson Benoit, influent membre des gangs de rue d’allégeance bleue du quartier Saint-Michel, à Montréal, a été condamné à plus de 80 mois d’emprisonnement pour complot et trafic de stupéfiants, hier, plus de trois ans après son arrestation.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Benoit, 36 ans, et 17 autres individus avaient été arrêtés en février 2016 à l’issue d’une enquête de l’ancienne section Gang de rue de la région Nord du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) baptisée Noroît et menée contre un réseau de distributeurs de crack et de cocaïne actifs dans le nord de Montréal et sur la Rive-Sud.

Faits plutôt rares pour une enquête de stupéfiants menée par les enquêteurs de l’une des quatre régions du SPVM, l’enquête a duré plus d’un an et les limiers ont mis les téléphones des suspects sur écoute et ainsi intercepté plus de 35 000 conversations liées au trafic de stupéfiants.

Ils ont également installé des caméras et des micros dans une cache de drogue et d’argent rue Cartier – surnommée « la base » par les trafiquants – et ils y ont observé les suspects s’échanger de fortes sommes et préparer la drogue.

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Benson Benoit, membre influent du gang de la 47e Rue, dans le quartier Saint-Michel 

Le patron

Selon un résumé des faits déposé en cour, Benoit, alias Cream, est le chef du gang de la 47e Rue. Il aurait pris la relève de Josué Bernard, à la suite de l’arrestation de ce dernier en 2014.

Avant Noroît, le gang de la 47e Rue avait été la cible de plusieurs enquêtes, notamment en 2006, 2007, 2008, 2013 et 2014. Celles-ci avaient mené à la saisie de stupéfiants, d’armes à feu et de vêtements aux couleurs du groupe.

Benoit était le patron du réseau de distribution de crack et de cocaïne démantelé en 2016. Il dirigeait et payait ses employés, préparait l’horaire de travail, payait l’essence des véhicules de livraison et les téléphones cellulaires de l’organisation, établissait les prix des stupéfiants, gérait la comptabilité et réglait les conflits entre les distributeurs et les clients.

Son réseau a également été impliqué dans le trafic de stupéfiants dans les prisons et pénitenciers, et Benoit organisait l’entrée de stupéfiants dans les centres de détention, donnait des conseils sur le trafic en détention et déposait de l’argent dans la cantine de ses complices détenus.

Des centaines de roches par jour

La police avance que son enquête a permis de déterminer que l’organisation de Benson Benoit écoulait environ un demi-kilogramme de cocaïne par semaine et entre 150 et 500 roches de crack par jour, ce que n’a toutefois pas reconnu Benson Benoit.

Benoit a plaidé coupable à des chefs de complot et de trafic de stupéfiants en avril dernier. Un chef de gangstérisme, qui avait été porté contre lui, a été retiré. La poursuite et la défense se sont ensuite entendues sur la peine à imposer.

En soustrayant le temps passé en détention préventive, durant laquelle chaque journée compte pour une journée et demie, soit 61 mois, il reste à Benoit 23 mois de prison à purger. Une fois sa peine écoulée, il devra garder la paix durant trois ans.

L’un de ses principaux bras droits, Selvin Riveras-Rivas, 31 ans, a lui aussi plaidé coupable à des chefs de complot et de trafic de stupéfiants en avril dernier et a été condamné à six ans d’emprisonnement. Toutefois, en soustrayant le temps passé en détention préventive, il ne lui restait que 15 mois à purger.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse