L’homme abattu dimanche soir, en plein quartier résidentiel de Terrebonne, n’avait pas d’antécédents judiciaires connus, et les enquêteurs peinent à assembler les pièces du puzzle. La femme d’Éric Chabot ne s’explique pas pourquoi son mari, un enquêteur privé père de cinq enfants, a été pris pour cible.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

Dimanche soir, Éric Chabot, 42 ans, a été atteint par au moins un projectile d’arme à feu. La scène aux allures de règlement de comptes s’est déroulée en plein quartier résidentiel, au coin des rues Asselin et Montcalm, dans le secteur Lachenaie, au nord-est de Montréal.

Soupçonnant un lien avec le crime organisé, le Service de police de Terrebonne a transféré l’enquête à la Sûreté du Québec. Rien ne confirmait ou n’infirmait cette thèse, 24 heures après les événements.

Éric Chabot était apparemment un homme sans histoire, inconnu des milieux policiers. Jointe par La Presse, hier soir, sa femme était atterrée, dépassée par les évènements. Au bout du fil, elle hésitait entre raccrocher sans explications ou décrire l’homme qu’elle a épousé en 2005 et qu’elle ne reconnaît pas dans les descriptions de certains articles reliant son meurtre à des activités criminelles.

« Éric travaillait chez Garda, il était enquêteur privé et avait sa compagnie à lui. C’était impossible qu’il ait un dossier criminel. »

— Karine Turcotte, veuve d’Éric Chabot

En trame de fond, de petites voix viennent briser les silences. M. Chabot était le père de cinq enfants.

« Il laisse dans le deuil six enfants, parce que mon fils [né d’une union précédente] était comme son enfant », laisse savoir d’une voix à peine audible la mère de famille.

Au téléphone, elle ajoute que son mari était « un père exemplaire pour ses enfants », « connu partout à Lachenaie pour sa contribution au hockey ».

« Il entraînait les équipes de tous nos enfants, il s’impliquait à l’école, il faisait du bénévolat. Vous le demanderiez à n’importe qui, Éric était une personne exemplaire », parvient à décrire la veuve malgré la tristesse qui l’afflige.

« Éric, c’est un bon père. C’était une personne très attentionnée dans le sport avec ses enfants. Il s’investissait dans sa famille », a aussi témoigné sa petite-cousine Suzanne Gauthier.

Le tireur a réussi à fuir

Dimanche soir, Éric Chabot a quitté la maison. Son corps a été trouvé quelques mètres plus loin. Quel a été le fil des évènements ? Sa famille l’ignore, « parce que les enquêteurs ne peuvent pas nous le dire », soutient Mme Turcotte.

« Deux des enfants ont entendu des coups de feu et se demandaient ce que c’était. On a regardé sur les réseaux sociaux, on a vu des rumeurs sur Facebook. » — Karine Turcotte

« On a su beaucoup plus tard que c’était leur père, mon mari. Je ne m’attendais pas à ça… jusqu’à ce que les policiers cognent chez moi et me demandent la photo pour identification. Pour me faire dire ensuite que c’était bel et bien mon époux. »

La personne qui a ouvert le feu est parvenue à prendre la fuite vers une destination inconnue avant l’arrivée des policiers. Les agents de l’escouade des crimes contre la personne de la SQ ont déployé un poste de commandement sur les lieux, hier, afin que les gens qui auraient des informations à transmettre sur cette affaire puissent rencontrer les policiers.

« On invite les gens à communiquer avec notre ligne d’information criminelle au 1 800 659-4264, en toute confidentialité. En appelant à ce numéro, ils parlent directement à un enquêteur, et ce sont des informations confidentielles », a rappelé Daniel Thibodeau, porte-parole de la SQ, hier soir. L’enquête se poursuit.