Une peine de 162 000$ pour de faux services de voyants

Des voyants douteux et de faux produits amaigrissants, qui ne faisaient fondre... (Photo archives La Presse)

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Des voyants douteux et de faux produits amaigrissants, qui ne faisaient fondre rien d'autre que le portefeuille des acheteurs.

Après s'être enrichis pendant plusieurs années aux dépens de Québécois crédules, l'entreprise SBM Giga et son président Pierre-Paul Gervais doivent maintenant payer le prix de leurs publicités mensongères: plus de 162 000$ d'amende à la suite d'une reconnaissance de culpabilité dans trois dossiers de l'Office de la protection du consommateur (OPC).

C'est l'envoi de supposés talismans gratuits - sous la dénomination Voyance Tanapat - qui coûtera le plus cher à l'entreprise de Trois-Rivières et à son président, soit 103 250$.

Avec une autre administratrice, ils écopent en plus d'une amende de 21 474$ pour avoir vendu les faux services gratuits du supposé médium René Karsenty. Ultimement, les clients devaient payer 70$ pour recevoir une «étude secrète» et régler leurs problèmes.

Une recherche au Registre des entreprises révèle que SBM Giga a par ailleurs enregistré la dénomination «Michelle Alby». Les procédés frauduleux d'une supposée voyante néerlandaise du même nom sont dénoncés sur la page web WA ScamNet du département du Commerce des États-Unis. On y lit que «Michelle Alby» écrit aux gens sous prétexte d'avoir détecté autour d'eux des «forces du mal». Elle leur propose une séance de protection gratuite, mais exige ensuite 75$ par semaine pour poursuivre son oeuvre. L'OPC n'a toutefois pas reçu de plainte québécoise à ce sujet.

Des comprimés faussement amaigrissants

Dans un troisième dossier de l'OPC, SBM Giga et son président devront par contre verser près de 40 000$ pour avoir vendu les comprimés amaigrissants supposément miracle Slite-T. Deux mois après leur reconnaissance de culpabilité (qui remonte à novembre), leur site web offrait toujours une gamme d'une demi-douzaine de produits faisant l'objet de promesses exagérées. Bizarrement, malgré la poursuite de l'Office, certains d'entre eux - dont le Slite-T - avaient été homologués par Santé Canada. Hier, le site de SBM Giga était fermé. Mais les produits semblaient toujours reconnus par Santé Canada.

Malgré toutes ces poursuites, le président de SBM Giga, Pierre-Paul Gervais, est aussi administrateur de la Fondation SOS Riz, un organisme à but non lucratif. En entrevue hier, le retraité a expliqué que la fondation lui permet d'envoyer une quinzaine de milliers de dollars par an à un orphelinat de la Thaïlande, où vit son frère, et qu'elle continue ses activités.

Il affirme que SBM Giga a fait faillite, qu'il voulait modifier ses publicités, mais que l'OPC ne l'a pas «aidé». Au bout du compte, il ne se repent «absolument pas», dit-il. «Oui, c'était des publicités exagérées. Mais regardez la télévision, c'en est plein.»

Amendes dérisoires

Aux États-Unis, les amendes pour publicités trompeuses se chiffrent souvent en millions de dollars. Au Québec, elles sont dérisoires: entre 300$ et 15 000$ pour une personne physique, et entre 100$ et 10 000$ pour une entreprise, indique le porte-parole de l'Office, Jean-Jacques Préaux. Ce dernier n'a jamais vu une condamnation dépasser 2000$ par chef d'accusation. Depuis quelques années, l'Office tente de faire moderniser la Loi sur la protection du consommateur. Mais ses recommandations sont tombées à l'eau à deux reprises à la suite de changements de gouvernements.




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