Une délicate opération de recherche est en cours depuis mardi matin dans une carrière de L'Épiphanie, dans Lanaudière. Deux camionneurs ont été ensevelis sous des dizaines de tonnes d'argile et de gravier après que leur véhicule eut dévalé 100 mètres de falaise à la suite d'un glissement de terrain.

Mis à jour le 29 janv. 2013
David Santerre
David Santerre LA PRESSE

> Notre galerie photo

Vers 10h45, l'immense monticule de terre surplombant la paroi de la carrière Maskimo, à L'Épiphanie, se serait affaissé au moment où deux camions et une pelle mécanique s'y trouvaient. Les travailleurs décapaient le roc afin d'agrandir la carrière. Une coulée d'argile, de boue et de gravier de plusieurs tonnes a été projetée dans le fond du gouffre, entraînant avec elle les véhicules lourds.

Le conducteur de la pelle mécanique a réussi à s'extirper de la cabine de son engin. Benoit Robert a été secouru après plus d'une heure à tourner en rond dans la neige et à faire des appels avec son téléphone portable. L'hélicoptère de la Sûreté du Québec (SQ) a littéralement plongé dans le trou pour survoler l'homme et lui envoyer un sauveteur, qui est descendu à l'aide du treuil. On a installé le rescapé sur une civière, puis il a été hissé dans l'hélicoptère. Il a été transporté dans un centre hospitalier par mesure préventive, mais il n'est pas blessé gravement (voir texte ci-contre).

On est toutefois sans nouvelles des deux autres travailleurs, Daniel Brisebois, employé d'Excavation Georges Allard, et une femme dont on ne connaissait pas l'identité au moment de mettre en ligne. Tous deux travaillaient dans la carrière du rang de l'Achigan Sud à titre de sous-traitants.

L'opération de recherche qui s'est mise en branle mardi est plus que délicate. Le seul moyen pour les secouristes de se rendre sur les lieux, c'était avec les hélicoptères de la SQ, qui ont fait plusieurs voyages au fond du trou. Des policiers et des pompiers équipés de simples pelles, un maître-chien, des géologues et d'autres experts ont été déployés au fond du gouffre. On a même ratissé le secteur à l'aide de lunettes thermiques, pour tenter de localiser les victimes.

En fin d'après-midi, on a confirmé que les secouristes avaient eu accès au camion de M. Brisebois, mais il ne se trouvait pas dans la cabine. Il pourrait en avoir été éjecté. Quant au poids lourd de la femme, il était encore introuvable.

Devant l'insuccès de l'opération, les autorités ont annoncé vers 20h30 qu'elles devaient suspendre les recherches jusqu'à ce matin. «Comme vous l'avez constaté, il y a des démarches qui ont été entamées et qui n'ont pas donné les résultats escomptés. Nous sommes rendus à l'étape où nous devons descendre de l'équipement lourd dans le fond de la carrière pour pouvoir pelleter la boue qui s'y trouve», a indiqué Bruno Marrier, porte-parole du Service de sécurité incendie de Repentigny, lors d'un point de presse. Pompiers, policiers, géologues devaient donc convenir de la meilleure manière de descendre la machinerie dans la carrière sans nuire à la sécurité des sauveteurs.

Les experts de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) étaient également sur les lieux. Mais avant de commencer l'enquête proprement dite sur les circonstances de cet accident de travail, ils se sont plutôt affairés à la sécurité des secouristes.

- Avec Émilie Bilodeau