À peine sorti de prison en juin après avoir purgé toute sa peine pour incendies criminels motivés par la haine raciale, Omar Bulphred a été arrêté en juillet pour agissements inquiétants. Ce matin, l'homme de 27 ans a renoncé à l'enquête sur sa mise en liberté sous cautionnement, acceptant du coup de rester détenu pour le reste du processus.

Christiane Desjardins LA PRESSE

L'homme est cette fois accusé d'avoir proféré des menaces, d'avoir rôdé et d'avoir manqué à ses conditions de libération entre le 8 juin et le 3 juillet derniers, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve.

«M. Bulphred admet que, si vous entendiez la preuve, vous décideriez de le garder détenu», a fait valoir ce matin Me Luc Vaillancourt, qui représente l'accusé. Il a toutefois signalé que son client, qui était en évaluation psychiatrique depuis environ trois mois, est apte à être jugé. L'état mental de l'homme de 27 ans soulevait des questions, d'autant plus que des écrits inquiétants ont été trouvés dans sa cellule de prison. Ces documents décrivaient des fantasmes meurtriers ainsi que des actes de démembrement, de pyromanie et de nécrophilie. Placé devant ces écrits, Bulphred avait prétendu qu'il travaillait à un roman.

Algérien d'origine, Omar Bulphred a été condamné à sept ans de prison en 2009 pour l'incendie d'une école juive d'Outremont, d'une voiture et du centre communautaire Ben Wider, entre septembre 2006 et avril 2007. Heureusement, les dégâts ont été assez limités. Bulphred a agi avec un complice, Azim Ibragimov, mais il a été démontré que ce dernier n'était qu'un simple exécutant alors que Bulphred était le cerveau des attentats. Les gestes, commis avec des cocktails Molotov, étaient motivés par la haine que Bulphred vouait aux Juifs et l'appel au Jihad.

Condamné à sept ans de prison en 2009, Bulphred a été libéré trois ans plus tard, en juin dernier, parce qu'on a déduit de sa peine en le comptant pour double le temps qu'il avait passé en détention préventive. Il retournera devant le tribunal le 20 novembre pour la suite du processus judiciaire. C'est Me Steve Larvière qui représente le ministère public dans cette affaire.