Dans le modeste immeuble à appartements de Laval où habitait Lamartine Sévère Paul, tous s'entendent sur une chose: le quadragénaire brassait visiblement «de grosses affaires».

Mis à jour le 13 août 2012
Vincent Larouche LA PRESSE

«On le voyait toujours marcher de long en large en parlant au téléphone cellulaire. Il brassait de grosses affaires, ça se voyait, quand il parlait fort», raconte un des résidants, devant les hochements approbateurs de deux autres.

«Regarde les chars du monde autour d'ici. Ça vaut 150$ rempli d'essence. Lui, il conduisait un Audi A8 à 100 000$ qu'il lavait trois fois par semaine!», ajoute le même résidant.

À 42 ans, le caïd surnommé «Polo» était effectivement connu des services policiers comme un vétéran des gangs de rue, qui pouvait traiter d'égal à égal avec certains membres de la mafia ou des motards criminels.

Il était soupçonné de pratiquer l'extorsion et le recouvrement de dette pour des hommes d'affaires italiens proches du crime organisé. Il venait d'ailleurs de terminer une peine de 45 mois de prison pour une affaire du genre. Il était aussi soupçonné de «contrôler» plusieurs danseuses nues et de vivre du proxénétisme et du trafic de drogue. Les résumés des filatures policières dont il a été l'objet ne parlent que de rencontres avec des gens en Porsche, BMW, Jaguar ou Cadillac.

Lamartine Sévère Paul était père de trois jeunes enfants. Les gangs de rue sont une affaire de famille chez lui: son frère et son demi-frère sont deux autres grosses pointures issues de la famille des Rouges. Le caïd Ducarme Joseph, décrit par les policiers comme le membre de gang possiblement le plus dangereux à Montréal, est également son cousin.