Le Comité de déontologie policière a réprimandé trois policiers montréalais pour n'avoir pas été suffisamment prompts à démarrer les recherches en vue de retrouver Louise Desnoyers et son fils, Nicolas, qu'elle a tué dans le Vermont le 14 août 2006.

David Santerre LA PRESSE

Ce jour-là. Mme Desnoyers et son conjoint, Réal Langlois, se sont disputés et il lui aurait parlé de rupture. En soirée, à son insu, elle a quitté la maison avec leur fils, Nicolas, 8 ans.

Ne la voyant pas rentrer, M. Langlois s'est inquiété et s'est présenté au poste de quartier 27 de la police de Montréal. Il y a rencontré l'agent Anthony Rowe, à qui iol a dit que Louise Desnoyers avait tenu des propos suicidaires et qu'elle était dépressive.

L'agent a noté dans son rapport que l'homme semblait calme et n'avait pas exprimé de craintes pour la sécurité de son fils.

L'agent Rowe lui a indiqué que, s'il désirait porter plainte, il ne pouvait le faire au poste, qu'il devait composer le 911, ce que M. Langlois a fait à 23h40.

Les agents Tri Dung Nguyen et Robert Costa sont arrivés une heure plus tard. Il y a mésentente quant à savoir si ce sont eux qui on convaincu le père d'attendre au lendemain pour finaliser sa plainte ou si ce fut sa décision. Les policiers ont toutefois conclu qu'il ne semblait pas y avoir danger pour l'enfant.

Mais à 21h le même soir, Louise Desnoyers a passé la douane américaine de Rouses Point et, quelques instants plus tard, sur une plage de l'île La Motte, dans le lac Champlain, elle a noyé son fils et tenté de s'enlever la vie. Elle purge d'ailleurs une peine de 15 ans de prison aux États-Unis.

Le père a porté plainte en déontologie parcde qu'il a le sentiment que les poiciers ne l'ont pas pris au sérieux.

«Eux-mêmes (Réal Langlois et son fils Vincent) n'auraient pas pu prédire l'issue fatale des événements. Mais ils auraient souhaité que l'expérience policière ait fait en sorte que l'inimaginable soit tout de même envisagé par les professionnels chargés de la sécurité des citoyens», lit-on dans la décision du Comité de déontologie.

«Les intimés sont profondément désolés si les gestes qu'ils ont posés ont pu être interprétés objectivement et subjectivement comme étant un manque d'empathie à l'égard du plaignant et de son fils», ajoute le Comité au sujet des policiers.

Ceux-ci ont admis leurs torts et certaines méthodes d'intervention ont été modifiées depuis par le SPVM.