Les manifestants arrêtés mardi pour avoir bloqué le pont Jacques-Cartier ont dû s'engager à respecter de sévères conditions avant d'être mis en liberté mercredi, ce qui en a inquiété quelques-uns en prévision du retour en classe.

Vincent Larouche LA PRESSE

Dans l'attente de leur procès, les 21 accusés ont dû s'engager à ne pas porter de masque, à ne pas avoir d'armes, à quitter toute manifestation non paisible et à rester à plus de 300 mètres du pont Jacques-Cartier. Mais surtout, il leur sera interdit de communiquer avec des coaccusés ou des gens criminalisés et ils ne pourront se trouver à moins de 100 mètres du parc Émilie-Gamelin, point de départ de nombreuses manifestations.

«C'est non négociable!», a martelé le juge Jean-Pierre Boyer avec force. Quelques accusées ont fondu en sanglots peu après.

Certains ont demandé des exceptions pour éviter de se trouver en violation de conditions lorsqu'ils retourneront à leurs cours à l'UQAM et au cégep du Vieux Montréal, ou lorsqu'ils iront à la Grande Bibliothèque, près du parc. Plusieurs ont été accordées.

Jean-François Roy Plourde, élu de l'Association des étudiants du module de science politique de l'UQAM, a fait valoir que ses fonctions pourraient interférer avec ses engagements. Il a obtenu une exception, mais seulement en cas de reprise des cours.

Un autre membre du groupe a expliqué qu'il suit des cours à l'UQAM avec un coaccusé, ce qui l'amènera peut-être à le fréquenter involontairement malgré les conditions. La remarque a fait sourciller le juge Boyer. «Il n'y en a pas beaucoup, ces temps-là [des cours]!», s'est-il exclamé.

«La grève sera peut-être finie avant le 20 juillet», a répliqué le jeune accusé, en référence à la date de la prochaine comparution du groupe au tribunal.

Quelques accusés ont obtenu des exceptions pour pouvoir fréquenter un colocataire ou un ami de coeur. C'est le cas de Yalda Machouf-Khadir, fille du député de Québec solidaire, Amir Khadir.

«Ce sont des conditions difficiles, surtout que ce sont de jeunes personnes, qui fréquentent parfois les mêmes établissements scolaires. C'était très émotif pour certains», a résumé l'avocat de la défense, Me Denis Poitras.

Les jeunes adultes de 18 à 23 ans font face à des accusations de complot, d'entrave au travail des policiers et de méfait de plus de 5000 $ pour avoir empêché l'usage du pont Jacques-Cartier lors d'une manifestation matinale.

La procureure de la Couronne, Audrey Simard, a expliqué que l'événement a duré environ six ou sept minutes et qu'il a été capté par des caméras de surveillance.

La police de Montréal a par ailleurs mené deux opérations mercredi dans le but d'arrêter des suspects qui auraient agressé des policiers dans une manifestation étudiante il y a quelques semaines. Le bilan n'avait pas été fourni au moment de publier ces lignes.