Des policiers ont-ils dérogé à leur code de déontologie en arrêtant la conjointe d'un motard criminel lors d'une opération policière? Ont-ils enfreint la loi en commençant une perquisition environ une heure avant l'arrivée du technicien en identité judiciaire?

Mis à jour le 11 janv. 2012
Daphné Cameron LA PRESSE

Le Comité de déontologie policière se penche actuellement sur le comportement de 10 policiers qui ont participé, en octobre 2007, à une frappe au domicile de Jean Rhéaume, un homme au lourd passé judiciaire accusé à l'époque de menace et d'extorsion.

Neuf policiers de la Sûreté du Québec et un de la Sécurité publique de Terrebonne sont visés dans cette affaire.

L'audience, qui dure depuis plusieurs semaines, a repris hier à Montréal avec le témoignage de Rhéaume. Des vidéos tournées à l'insu des policiers à l'intérieur de sa résidence, à Terrebonne, ont également été présentées au tribunal.

Rhéaume a expliqué qu'il avait fait installer une dizaine de caméras à l'intérieur et à l'extérieur de sa résidence, en 1999, en raison de la guerre qui sévissait à l'époque entre bandes rivales. Il a raconté qu'il avait été atteint d'une balle au début des années 2000 alors qu'il tondait son gazon. Quelques années plus tard, une bombe a été posée sous son balcon. Il ne s'est donc jamais départi de son système de sécurité, qui fonctionne 24 heures sur 24.

Le 4 octobre 2007, deux policiers se sont présentés chez Jean Rhéaume pour l'arrêter. Les enregistrements vidéo montrent qu'ils ont aussi arrêté Nathalie Leroux, sa conjointe de l'époque, devant ses enfants, alors qu'ils n'avaient pas de mandat contre elle. C'est elle qui a porté plainte au Comité de déontologie policière.

Le commissaire soupçonne par ailleurs la plupart des policiers de ne pas «avoir respecté l'intégrité des lieux avant de mener la perquisition». Les vidéos montrent que les policiers sont entrés dans la maison à 1h44 du matin alors que le premier technicien en scène de crime est arrivé à 2h38. Généralement, cet expert est censé être le premier à avoir accès à une scène de crime afin d'y prendre des photos.

Durant l'attente, deux policiers et une policière auraient, selon le commissaire, agi de façon «inappropriée» dans la maison. La vidéo montre la policière en train de masser les épaules de ses collègues durant 3 et 14 secondes respectivement.

L'audience se poursuit aujourd'hui.