Les évaluations que les psychiatres de la défense ont réalisées au sujet de Guy Turcotte sont fiables et «de qualité», tandis que celle réalisée par le psychiatre de la Couronne ne l'est pas.

Christiane Desjardins LA PRESSE

C'est ce que Me Pierre Poupart a tenté de démontrer pendant toute la journée, aujourd'hui, au procès de son client, Guy Turcotte.  Les trois psychiatres qui ont évalué l'ex-cardiologue et qui ont témoigné au procès, conviennent que Guy Turcotte souffrait d'un trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive, lorsqu'il a poignardé à mort ses deux enfants, le 20 février 2009, dans sa maison de Piedmont. La différence réside dans leurs conclusions au sujet de la responsabilité mentale de l'accusé. Les Dr Dominique Bourget et Roch-Hugo Bouchard, présentés par la défense, estiment que M. Turcotte n'était pas responsable mentalement, tandis que le Dr Sylvain Faucher, qui a témoigné pour la Couronne, pense le contraire. Pendant tout l'avant-midi, Me Poupart s'est affairé à miner la crédibilité du psychiatre, notamment en faisant ressortir une erreur sur son CV au sujet d'une conférence.  Il avait révisé le travail de la personne qui avait fait la conférence, mais n'avait pas donné la conférence lui-même. L'avocat  lui a aussi reproché de s'être servi du rapport du Dr Bourget comme base de travail quand il a rencontré M. Turcotte, le 5 avril dernier, de même que d'avoir bâti son rapport en écoutant les témoignages au procès. «Il n'a pas fait sa job pour deux étapes sur trois», a tonné Me Poupart.

Me Poupart en était aujourd'hui à sa quatrième journée de plaidoirie. Il a conclu l'exercice un peu avant 15 heures, en disant qu'il ne demandait pas un verdict de compassion. Il a  invité les jurés à faire leur travail de juge, et à rendre justice, rien de plus, rien de moins.

Pour Me Poupart, la justice serait de déclarer M. Turcotte non responsable criminellement de ses actes en raison de maladie mentale.

Le procès, qui est sur les rails depuis dix semaines maintenant à Saint-Jérôme, fait relâche et reprendra mercredi, avec la plaidoirie de la Couronne. Me Claudia Carbonneau croit en avoir pour une demi-journée environ.  Le juge Marc David commencera dès après à donner ses directives au jury. Celui-ci ne commencera à délibérer que jeudi, si bien que c'est à partir de ce jour-là que les sept femmes et quatre hommes seront séquestrés.

Rappelons que Guy Turcotte admet avoir tué ses enfants, moins d'une mois après sa séparation d'avec sa conjointe, Isabelle Gaston. L'enjeu du procès est de décider de son état mental. Le juge ouvrira quatre verdicts : non responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux, meurtre prémédité, meurtre non prémédité et homicide involontaire.