La petite ville de Saint-Rémi, en Montérégie, a été le théâtre d'une scène digne du Far West, lundi après-midi. Une policière de la Sûreté du Québec a été blessée par balle, après avoir été vraisemblablement désarmée par un homme qui venait d'enlever une femme lors d'un braquage de domicile.

Mis à jour le 29 mars 2011
Hugo Meunier LA PRESSE

Les policiers auraient répliqué en ouvrant le feu sur l'homme de 41 ans. La jeune policière de 29 ans a reçu une balle à la cuisse et l'homme aurait été atteint de plusieurs projectiles, mais leur vie n'est pas en danger.

Comme plusieurs citoyens de Saint-Rémi, Michael Champagne-Fillion a assisté à la fusillade, survenue vers 14h30 en pleine rue Notre-Dame, qui traverse le centre-ville. «Les agents ont interpellé le suspect près d'un immeuble; le ton semblait calme, au départ. Je croyais que c'était une intervention de routine. J'ai alors vu le suspect saisir l'arme de la policière dans son étui et lui tirer dessus. La policière est tombée par terre en criant: "Tire! Tire!" à son confrère, qui a alors ouvert le feu. À Saint-Rémi, on ne voit pas ça tous les jours...»

En effet, plusieurs badauds semblaient secoués par les violents événements qui ont troublé lundi la quiétude de leur petite ville.

Braquage de domicile

Selon le Service de police de la Ville de Montréal, qui a hérité de l'enquête, tout aurait commencé par un braquage de domicile. Le suspect aurait enlevé une femme et l'aurait fait monter de force dans une voiture, peut-être pour se rendre à la caisse populaire. La femme se serait échappée et aurait trouvé refuge dans la fromagerie voisine. Le suspect se serait alors mis à sa recherche. On l'aurait aperçu dans un dépanneur, puis dans un casse-croûte, avant que les policiers ne l'interpellent.

Kevin Benoit mangeait tranquillement au casse-croûte en question lorsque le suspect est entré, hagard. «Il a écrit: "sécurité, sécurité" sur un napperon et a dit: "Où est le bureau de la GRC?" Puis il est parti un peu avant que les deux policiers entrent au restaurant, visiblement sur sa trace», a expliqué M. Benoit. Les coups de feu ont ensuite résonné. Des témoins racontent avoir entendu une quinzaine de coups de feu.

En bordure des cordons policiers, après le drame, Nathalie Prud'homme semblait ébranlée. De son balcon, elle a aussi assisté aux événements. «J'ai vu le suspect désarmer la policière et tirer sur elle. Ça n'a pas de bon sens...»

Six en 2011

Depuis le début de l'année, c'est la sixième fois que des policiers utilisent leur arme de service dans la grande région montréalaise - et la troisième en moins d'une semaine. Ces incidents (trois à Montréal, un à Laval, un à Terrebonne et un à Saint-Rémi) se sont soldés jusqu'à maintenant par la mort de trois hommes. Avant eux, Fredy Villanueva avait été la dernière personne abattue par un policier du SPVM, en août 2008.

Quelques jours avant les événements de Terrebonne, des policiers de Laval avaient ouvert le feu sur un ex-militaire de 36 ans, qui se trouve toujours dans un état critique. L'homme s'était barricadé durant plusieurs heures dans sa maison, à Laval, et serait subitement sorti en fin de journée pour fondre sur les policiers en pointant une arme sur eux. Les agents avaient été appelés tôt le matin pour une affaire de violence conjugale.

Drame dans Rosemont

Les autres incidents se sont déroulés au début de l'année sur le territoire du Service de police de la Ville de Montréal. D'abord, le 26 janvier, une agente a abattu un homme, Jean-Claude Lemay, dans le quartier Rosemont.

Elle aurait senti sa vie menacée lorsque l'individu de 48 ans s'est rué vers elle avec un couteau. Il a été atteint d'au moins un projectile et sa mort a été constatée à l'hôpital.

Quelques jours plus tard, à Beaconsfield, un homme de 27 ans est tombé sous les balles d'un policier après une introduction par effraction. Un complice et lui cherchaient vraisemblablement de la drogue dans une résidence de la rue Windermere.

L'un des suspects aurait tiré deux fois avec un fusil automatique à l'intérieur de la maison. Les hommes ont ensuite pris la fuite en voiture. Après une collision, ils ont continué à pied. L'homme de 27 ans, Patrick Saulnier, aurait été abattu à ce moment.

Il fonce sur les policiers

Enfin, le 16 février, un homme de 47 ans a été atteint de plusieurs projectiles au cours d'une intervention dans l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. L'homme aurait appelé la police pour dire qu'il se sentait menacé par une voiture garée à proximité.

À leur arrivée, les policiers auraient repéré un véhicule au volant duquel se trouvait vraisemblablement l'homme qui les avait alertés. Sans crier gare, ce dernier aurait alors foncé à plusieurs reprises en direction des policiers, qui ont répliqué en ouvrant le feu.