Jacques Groleau, un présumé agresseur sexuel qui aurait laissé son dentier sur les lieux d'un crime qu'on lui attribue, en septembre dernier, refuse obstinément d'ouvrir la bouche quand vient le temps de comparaître devant le juge. Hier, à la suggestion des avocats, la juge Sylvie Durand a ordonné qu'il soit évalué en psychiatrie à l'Institut Louis-Philippe-Pinel.

Publié le 22 déc. 2010
Christiane Desjardins LA PRESSE

L'homme de 49 ans, qui a un lourd passé judiciaire, a été arrêté la semaine dernière. Il est accusé sous 15chefs en lien avec l'agression de cinq femmes. On lui reproche d'avoir agressé sexuellement deux d'entre elles et d'avoir commis des voies de fait contre les trois autres. Il est aussi accusé de menaces, d'introduction par effraction dans deux immeubles (le 1010, rue Cherrier et le 1025, rue Sherbrooke Est), ainsi que de séquestration et d'agression armée. Les faits se seraient produits entre le 3 novembre 2008 et le 14 septembre 2010. Groleau aurait suivi ses victimes, pour tenter de s'introduire chez elles. C'est la découverte d'un dentier qui aurait permis de l'épingler, grâce à une analyse d'ADN.

Hier, l'accusé figurait parmi la liste des détenus. Il a été amené dans la salle des comparutions en fin d'après-midi. Vêtu d'une veste de ski, l'homme, qui tanguait légèrement dans le box des accusés, n'a pipé mot. La procureure de la Couronne, Rachelle Pitre, a expliqué que les policiers l'ont interrogé pendant trois heures après son arrestation, la semaine dernière, et qu'il a parlé. Mais depuis, c'est le mutisme. Il refuse également de prendre ses médicaments.

L'avocat Louis-Philippe Roy, de l'Aide juridique, a tenté lui aussi de communiquer avec l'accusé, sans succès. Hier, l'avocat a tendu sa carte à l'accusé, mais celui-ci n'a pas réagi. Me Roy l'a finalement glissée dans la poche du manteau de l'accusé.

Feinte, obstination ou trouble psychiatrique? C'est ce que les experts tenteront de déterminer. Groleau sera de retour devant le tribunal le 31 décembre.