Extraits d'un document de travail interne du SEMB-SAQ sur la sécurité dans les succursales de Montréal-Nord, Saint-Léonard et Rivière-des-Prairies

Publié le 18 nov. 2010
LA PRESSE

«Les vols à l'étalage ont toujours existé à la SAQ et nous comprenons qu'il serait impossible de les enrayer totalement. Mais nous avons constaté que depuis un peu plus d'un an, ces vols s'effectuent sous des formes de plus en plus violentes et organisées.»

Septembre 2009

Un vol à main armée a lieu (à Rivière-des-Prairies) au moment de l'ouverture du magasin. L'employé, qui est seul, passera toute l'heure suivante sous la menace d'un revolver pendant que les voleurs réussiront à s'emparer du contenu du coffre. L'employé restera grandement affecté par l'événement et après quelques semaines d'absence au travail et de consultations auprès du service d'aide au personnel, il quittera définitivement la SAQ, incapable de supporter le sentiment d'insécurité qui l'accompagne chaque fois qu'il retourne au travail.

Début 2010

«Une série de vols réguliers (...) attirent notre attention sur un phénomène nouveau dans notre division. Les voleurs travaillent de plus en plus par bandes de deux, trois, quatre ou parfois plus et ne se cachent même plus pour effectuer leurs actions. Ils entrent, s'emparent des produits et quittent la succursale sans même se cacher. Très souvent, ils reviennent deux ou trois fois dans la même journée. Certains se présentent même avec des sacs à dos et les remplissent à la vue de tous, clients compris, et repartent comme si de rien n'était.»

Quelque part au printemps

«Un employé (...) se fait asperger de poivre de Cayenne lors d'un bum rush. Il sera en arrêt de travail pendant plusieurs mois et suivi par des psychologues. À noter qu'il a reconnu son agresseur, qu'il s'agissait d'un mineur qu'il avait «carté» quelques jours plus tôt en lui refusant la vente. Il s'agit clairement d'une vengeance.»

Avril

«Une bande de voleurs s'étaient dirigés vers (une) succursale, mais constatant qu'elle était fermée (il était plus de 18h), ils se sont rabattus sur l'épicerie à côté pour voler de la bière et des bouteilles de vin. Résultat: 16 voitures de police et 25 arrestations. On avait aussi saisi plusieurs armes blanches ainsi que des armes à feu.»

26 avril

«Je reçois un appel de détresse (...) La succursale est plongée dans le noir à la suite d'une panne d'électricité. Les deux employés sur place (...) furent plus d'une fois victimes de vols accompagnés de menaces de mort.»

Le 17 mai

«Plusieurs vols (dans la même journée) avec menaces et violence ont occasionné la fermeture (d'une succursale). Deux employés (...) furent en arrêt de travail pendant plusieurs semaines à la suite de l'événement.»

22 septembre

«Quelques minutes avant la fermeture, une dizaine de suspects ont fait irruption dans la succursale pour s'emparer pour près de 2000$ de produits. L'altercation qui a suivi avec les membres de l'équipe BEST est venue très près de se terminer par un drame. L'un des agents s'est fait blesser après une bagarre avec un des suspects. L'enquêteur de la police qui est venu sur les lieux a d'ailleurs vivement contesté la méthode employée en soulignant l'aspect dangereux d'une méthode qui privilégiait la confrontation au détriment de la dissuasion.»

26 septembre

«Un vol similaire à celui du 22 septembre s'est produit (dans une autre succursale). Des agents de la sécurité BEST qui ont été visionner les bandes vidéo ont reconnu des suspects qui avaient été repérés le 22 septembre (...)»

Appels sans réponses

«Malgré les nombreux vols et les appels à l'aide provenant (d'une succursale X), malgré les cas de violence et malgré tout ce qui en avait été dit et rapporté à la direction, jamais celle-ci n'a trouvé anormal de laisser une fille seule travailler dans ce magasin.»

Source: Document de travail interne du SEMB-SAQ sur la sécurité dans les succursales de Montréal-Nord, Saint-Léonard et Rivière-des-Prairies (7 octobre 2010)