Nick Paccione, étiqueté «délinquant dangereux», s'est avoué coupable mercredi matin, en Cour du Québec, d'avoir incité le tueur en série Angelo Colalillo à poursuivre son oeuvre.

Mis à jour le 4 nov. 2010
Christiane Desjardins LA PRESSE



Les événements sont survenus entre le 24 mai et le 4 septembre 2002. Paccione, emprisonné à Port-Cartier, faisait parvenir par lettre ses encouragements au tueur Colalillo, alors en liberté. Les deux hommes, qui s'étaient connus à la prison de La Macaza plusieurs années plus tôt, entretenaient une sinistre correspondance, dans laquelle ils évoquaient des scénarios d'enlèvement, d'agression et de meurtre de femme. Colalillo s'est suicidé en prison en janvier 2006, deux jours avant le début de son procès. Il devait être jugé pour le meurtre de trois jeunes filles, dont deux adolescentes. L'une d'elles, Jessica Grimard, a été tuée en mai 2002 à Rivière-des-Prairies.

Paccione, un grand gaillard, a pris brièvement la parole devant le juge Pierre Labelle, mercredi matin. «J'ai honte et je suis profondément désolé pour les choses dégoûtantes et horribles que j'ai écrites dans les lettres», a-t-il dit notamment.

Pour évaluer la peine à imposer à Paccione, le procureur de la Couronne, Louis Bouthillier, a demandé les rapports réalisés à son sujet depuis son incarcération. Paccione est un prédateur sexuel irréductible, qui a commis plusieurs agressions sexuelles avec violence contre des femmes et de très jeunes filles. L'une d'elles n'avait que 10 ans.

En 2000, il a été déclaré délinquant dangereux, ce qui lui vaut une peine de prison d'une durée indéfinie. Mais, après sept ans, les délinquants dangereux deviennent tout de même admissibles à une libération conditionnelle. Leur cas est réévalué tous les deux ans, et certains réussissent à obtenir leur liberté. Cette affaire d'échanges de lettres apporte un argument de plus pour garder Paccione en prison. Les psychiatres qui s'étaient penchés sur son cas en 2000 avaient fait valoir qu'il était l'un des criminels les plus dangereux qu'ils aient eu à évaluer dans leur carrière.

Il est à noter que Marlène Chalfoun, agente de liaison à la cour municipale qui fantasmait sur les perversions sexuelles, a elle aussi entretenu une correspondance soutenue avec Paccione entre 1998 et 2002, alors que celui-ci était déjà à Port-Cartier. Par son entremise, elle a même rencontré Angelo Colalillo. Le trio s'est fait prendre en 2002, après que les autorités du pénitencier de Port-Cartier eurent trouvé des lettres compromettantes dans la cellule de Paccione. Chalfoun a été accusée de complot d'agression sexuelle dans la foulée de cette affaire, mais elle a été acquittée.

La cause de Paccione retournera devant le tribunal le 7 décembre.