Coup de théâtre hier matin à l'enquête préliminaire de Guy Turcotte: son ex-conjointe et mère des deux victimes, Isabelle Gaston, a été dispensée de rendre témoignage en personne.

Mis à jour le 27 févr. 2010
Karim Benessaieh LA PRESSE

La Couronne et la défense ont accepté pour la première fois dans le cadre de cette enquête d'admettre une déclaration écrite de Mme Gaston. Une liasse de documents divers a également été produite devant une salle pleine à craquer de proches de la famille et de simples badauds. Ce témoignage devait être un des moments forts de l'enquête préliminaire de Guy Turcotte, ce cardiologue de 37 ans accusé du meurtre de ses deux enfants, Anne-Sophie, 3 ans, et Olivier, 5 ans. Ils ont été poignardés le 21 février 2009 dans la résidence louée par leur père. Le couple était séparé depuis près d'un mois. Les audiences sont frappées d'un interdit de publication qui empêche les médias de diffuser des éléments de preuve qui pourraient être utilisés au procès.

D'entrée de jeu, hier, les avocats des deux parties se sont plaints au juge François Beaudoin de «certains écrits attentatoires dans les médias» qui avaient malmené l'interdit de publication. Dans les couloirs, l'avocat de la défense, Pierre Poupart, a précisé qu'il visait le Journal de Montréal, surtout deux textes publiés jeudi «à la limite du respect de l'ordonnance». Le juge Beaudoin a enjoint aux médias de ne plus «jouer à la limite du tolérable» et à se montrer prudents.

Coïncidence ou non, les avocats des deux parties se sont ensuite entendus pour admettre les témoignages écrits de trois autres personnes. Martin Nolet, Johanne Leclerc et Carole Lachance n'ont donc pas eu à se présenter à la barre, et leur version des faits n'a pas été entendue. Les témoignages écrits, quant à eux, ont été placés sous scellés et ne sont pas accessibles aux médias ni au public.

Le seul témoin qui s'est présenté à la cour hier était un policier de la Sûreté du Québec, Michel Dufour, spécialiste de la récupération de données dans les ordinateurs. C'est lui qui a analysé l'ordinateur portable de Guy Turcotte saisi chez lui le soir du 21 février 2009. Il a présenté ses découvertes à la cour et décrit l'historique de l'utilisation qui avait été faite de l'ordinateur les jours précédents.

L'enquête préliminaire a été suspendue et reprendra pour deux dernières journées, les 25 et 26 mars. On attend notamment le témoignage du pathologiste qui a procédé aux autopsies. Une douzaine de témoins auront alors été convoqués par la Couronne, qui souhaite inculper M. Turcotte pour meurtre prémédité, l'accusation la plus grave du Code criminel. Aucune libération conditionnelle ne serait alors possible avant 25 ans.