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Démembrement de Shane Jimrattie: la précision d'un boucher

En 2007, des gens ont déposé des fleurs... (Photo: André Tremblay, Archives La Presse)

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En 2007, des gens ont déposé des fleurs à l'endroit où le corps démembré de Shane Jimrattie a été découvert.

Photo: André Tremblay, Archives La Presse

Par la précision et le choix de ses coupes, la personne qui a démembré Shane Jimrattie, en avril 2007, a pour ainsi dire signé son crime. «L'impression qu'on a eue en ouvrant le premier sac, c'est que la personne avait des connaissances anatomiques. Elle savait où elle passait. On s'est demandé si c'était un boucher.»

C'est ce que la pathologiste judiciaire Caroline Tanguay a expliqué, hier matin, au jury chargé de juger Michel Côté et Nadège Merceus. Le couple est accusé du meurtre non prémédité du jeune homme de 21 ans, et d'outrage à son cadavre. Le corps démembré de M. Jimrattie, ainsi que ses effets personnels, ont été découverts répartis dans quatre sacs-poubelles, dans la camionnette de l'accusé Michel Côté, concierge et boucher de métier, le soir du 17 avril 2007, dans le quartier Rosemont. M. Côté habitait l'appartement 3 du 1820, boulevard Rosemont avec sa conjointe, Nadège Merceus.

 

La pathologiste a reçu les sacs le 18 avril, soit le lendemain de la découverte, et a commencé l'autopsie. Dans le premier sac, il y avait deux jambes, coupées à partir des genoux, et portant toujours des chaussettes et des bottes lacées. Dans le second sac, il y avait le bassin et les cuisses, le tout vêtu d'un boxer et d'un jeans avec ceinture. Dans le troisième sac se trouvaient d'une seule pièce le tronc avec les membres supérieurs et la tête. Celle-ci n'avait plus rien d'une tête normale. Il y avait beaucoup de fractures, et c'est la peau qui retenait l'ensemble, a encore noté Mme Tanguay. La victime portait toujours ses gants, un chandail et son manteau. Dans le manteau, il y avait des sachets de poudre blanche et de matière végétale (on suppose que c'est de la marijuana). Le quatrième sac contenait divers objets ensanglantés, comme un marteau (avec présence de cheveux dessus), des serviettes, des mégots de cigarettes, un chargeur de cellulaire, une vadrouille avec des fragments d'os, des petits sachets vides de plastique.

Le travail différait beaucoup des démembrements habituels, a noté la pathologiste. Les os n'étaient pas abîmés, quelques-uns avaient à peine une petite encoche. «Il n'y avait pas d'os coupés comme des démembrements habituels. Tous les organes internes étaient intacts, et en continuité. Il est allé chercher la crête iliaque, le plus bas possible, pour sortir les organes, intacts. Cela faisait penser à une boucherie, où on veut garder la carcasse.» Fait particulier et révélateur, la victime n'avait aucune plaie de défense. Ce qui laisse supposer qu'elle a été attaquée par surprise et qu'elle est tombée inconsciente rapidement, a fait valoir Mme Tanguay.

Pénible pour la famille

La description détaillée de l'état du corps, ainsi que des 57 blessures infligées à la tête et au cou du malheureux jeune homme avec le marteau, avait de quoi faire frémir. La mère et les soeurs de M. Jimrattie ont pleuré silencieusement pendant quasiment toute la durée du témoignage de Mme Tanguay. Vers la fin, l'une des proches de la victime était au bord de l'évanouissement. Elle est sortie en titubant de la salle d'audience, suivie du reste de la famille.

Rappelons que selon la théorie de la Couronne, M. Jimrattie aurait été tué dans le logement de Côté et Merceus, pendant que sa voiture était garée en double rue Cartier, près de Rosemont. Visiblement, M. Jimrattie prévoyait revenir rapidement à sa voiture, car les clés étaient dans l'allumage et les clignotants étaient en action. Son véhicule a d'ailleurs fini par être remorqué. En après-midi, hier, un biologiste expert en projections de sang, Jean Bergeron, est venu dire que malgré le nettoyage qui avait de toute évidence était fait dans l'appartement du couple, de nombreuses traces de sang ont été relevées. Certaines étaient visibles à l'oeil nu, alors que d'autres ont été révélées à l'aide du Luminol. On a noté qu'une grande quantité de sang avait été répandue dans le salon. Ce qui laisse croire que la victime a reçu plusieurs coups alors qu'elle se trouvait au sol, dans cette pièce. Il y avait aussi du sang dans la cuisine et dans la salle de bains. Il n'y avait rien dans la chambre à coucher, ni dans les aires communes de l'immeuble comme la salle de lavage ou le garage.

Assis dans le box, les deux accusés ont écouté les témoignages sans broncher. M. Côté, 45 ans, n'est pas très grand, ni très costaud. Mme Merceus semble un peu plus grande que lui. M. Jimrattie, quant à lui, mesurait plus de six pieds et pesait 175 livres. Ce procès devant jury est présidé par le juge André Vincent, et se poursuit lundi.

 




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