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Feu vert à un blocage de vue «oblique»

De leur luxueuse résidence sur les hauteurs de Westmount, Mireille Raymond et son époux, le docteur Keyserlingk, pourront encore contempler le centre-ville, le fleuve et la Montérégie. Mais ils devront se résoudre à voir aussi le nouvel étage de la maison de leur voisin, située un peu en contrebas.

Le couple de la rue Sunnyside vient en effet de perdre son procès contre son voisin de la rue Bellevue, Steven Goldberg. Au printemps dernier, après avoir obtenu l'aval de la Ville, M. Goldberg avait entrepris des travaux évalués à 462 000$ pour modifier et agrandir sa maison. Les rénovations incluaient un relèvement du toit de quelque huit pieds. Persuadés que la nouvelle construction amputerait leur vue panoramique, coup de coeur qui leur avait fait acheter la maison en 1999, le couple de la rue Sunnyside s'est tourné alors vers les tribunaux et a obtenu une injonction. M. Goldberg a été contraint de stopper les travaux, et de sauter dans l'arène judiciaire.

 

Le procès s'est déroulé en septembre devant le juge Robert Mongeon. La cour s'est même déplacée pour constater de visu l'impact des travaux projetés. Une construction temporaire avait été érigée avec du bois et des rubans pour donner une meilleure idée. Après avoir vu, entendu et délibéré, le juge admet qu'il y aura un certain impact sur le panorama, mais juge qu'il sera mineur.

«De la terrasse couverte qui offre un panorama de 180 degrés, l'impact de la nouvelle construction est prononcé, au sud-est, mais la vue droite (sur le pont Champlain, l'Île-des-Soeurs, le fleuve Saint-Laurent et le secteur Brossard-Laprairie) garde toute son ampleur», peut-on lire notamment dans le jugement de 45 pages.

Le juge a aussi analysé la conduite de la Ville de Westmount dans cette histoire. Il conclut que cette dernière n'avait pas l'obligation d'informer Mme Raymond du projet de son voisin, afin qu'elle se fasse entendre, comme elle le prétendait au procès.

Si cette prémisse était exacte, cela voudrait dire que toute municipalité du Québec devrait «déterminer qui sera ou pourra, à des degrés divers, être plus ou moins affecté par une nouvelle construction ou une modification à un bâtiment, et offrir à ces personnes l'occasion de se faire entendre.» Cela nécessiterait des structures administratives considérables et entraînerait des coûts et des délais importants, fait-il valoir.

Au bout du compte, le juge condamne le couple de la rue Sunnyside à payer les dépens de M. Goldberg, qui peut reprendre les travaux sur-le-champ, s'il le veut.

Le feuilleton n'est peut-être pas fini pour autant. Le couple pourrait se pourvoir en appel, et M. Goldberg pourrait réclamer des dommages au couple qui lui a mis des bâtons dans les roues. Renseignements pris auprès des avocats des deux parties, il semble que ni l'une ni l'autre n'ait encore décidé quoi que ce soit.

 




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