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Le caïd plaide coupable et mise sur un scénario audacieux

Volte-face du «caïd dominicain» Yvan Cech et de ses deux principaux acolytes, qui ont coupé court à leur procès en avouant leur participation à des affaires de gangstérisme et de trafic de cocaïne cachée dans des lingots d'aluminium. En échange de ces plaidoyers, le ministère public a laissé tomber les accusations portées contre les deux femmes impliquées dans le dossier.

Tout en procédant à la dissolution du jury hier, le juge Guy Cournoyer a indiqué que le procès n'est pas terminé pour autant. Fait inusité, il lui reste encore à disposer de deux importantes requêtes, l'une en abus de procédures et l'autre pour délai déraisonnable, que Cech a déposées - et que les avocats ont plaidées - avant l'entrée en scène des jurés, le 1er décembre.

 

Difficile à imaginer, mais advenant que le juge Cournoyer donne raison à l'avocat de Cech sur une des deux requêtes, ce dernier pourrait être libéré dès la mi-janvier. En vérité, le truand de 64 ans joue le tout pour le tout en plaidant coupable. Face à la preuve accablante de la poursuite, il estime que ses chances d'acquittement devant le jury étaient minces. Il s'en remet donc aux deux décisions cruciales que le juge a prises en délibéré et qu'il entendait rendre à l'issue du procès.

Quoique surprenant, ce revirement était prévisible. Dès le premier jour du procès, en l'absence du jury, l'avocat de Cech, Me Julio Perris, avait évoqué devant le juge Cournoyer l'audacieux scénario qui vient de se jouer. Le procès allait entrer dans sa troisième semaine quand les avocats de la défense ont annoncé, après discussions avec le procureur de la Couronne, Pierre Goulet, que Cech et deux autres accusés souhaitaient se reconnaître coupable aux diverses charges portées contre eux.

Si le sort de Cech demeure incertain en raison des deux requêtes en suspens, ceux de son gendre Atilio Martinez, 46 ans, et de l'ancien policier Richard Sanschagrin, de Québec, 56 ans, sont scellés à jamais. Quant aux deux autres accusées, Darinka Cech, 34 ans - elle est la fille du gangster déchu - et sa belle-soeur, Ana-Margarita Ruiz Martinez, 40 ans, elles ont été libérées des accusations.

Devant le tribunal, Sanschagrin a implicitement reconnu avoir aidé Cech à faire entrer au Québec près de 700 kilos de cocaïne, entre septembre 2004 et mai 2006. La drogue est arrivée par bateau à quelques mois d'intervalle. Elle était cachée dans des centaines de lingots d'aluminium spécialement usinés au Venezuela. C'est Cech, depuis la République dominicaine, où il vit depuis 26 ans, qui négociait avec les fournisseurs colombiens. Atilio Martinez, son gendre, s'occupait de la distribuer et de collecter l'argent. Leur unique client était le Hells Angel Mario Brouillette.

Le juge Cournoyer entendra les représentations sur sentence à compter du 6 janvier. Les trois accusés sont détenus depuis mai 2006. Le juge décidera le 16 janvier du bien-fondé des requêtes d'Yvan Cech. En gros, ce dernier conteste les circonstances de son arrestation et de son renvoi de la République dominicaine, ainsi que son rapatriement à Montréal, où il s'est mis à table à son arrivée. Il a par la suite changé d'idée, préférant affronter la justice, plutôt que témoigner contre ses complices.

 




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