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Cazzetta, membre influent du crime organisé

Toute sa vie l'ancien chef des Rock Machine, Salvatore Cazzetta, a vécu dans le... (Archives La Presse)

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Archives La Presse

Toute sa vie l'ancien chef des Rock Machine, Salvatore Cazzetta, a vécu dans le crime et brassé des affaires. Aujourd'hui, comme ses plus fidèles associés qui ont participé à la guerre des motards, il porte les couleurs des Hells Angels. Bien qu'il ait été en prison de 1994 à 2005, il reste l'un des hommes les plus influents du crime organisé à Montréal.

Il est un des rares criminels québécois encore en liberté, sinon le seul, qui a assez de «charisme, de contacts et surtout la connaissance du milieu» pour combler le vide laissé par l'extradition de Vito Rizzuto aux États-Unis, soutiennent des sources policières. Selon eux, le monde interlope a besoin de leaders forts pour assurer une certaine cohésion entre les différentes organisations et surtout régler les inévitables conflits à se produire à l'intérieur d'un même groupe ou entre clans rivaux.

Élevé dans le quartier Saint-Henri, Salvatore Cazzetta, 53 ans, a commencé sa carrière très jeune. Colosse aux nerfs solides, il ne s'en est jamais laissé imposer. Avec son frère Giovanni, de deux ans son cadet, il a frayé dans l'entourage des Outlaws, du temps où ce gang de motards avait son local dans le sud-ouest de Montréal. Au début des années 80, tout comme Maurice Boucher, qui deviendra son ennemi juré, il était avec les SS de Pointe-aux-Trembles, très actifs dans l'est de l'île. Le groupe s'est dissous en 1984 dans la foulée de l'expansion des Hells Angels dans tout le Québec.

Alors que Boucher s'est joint à la «grosse machine rouge», Cazzetta a décidé de faire bande à part. Fort de sa réputation et de ses nombreux contacts dans le milieu interlope, il a continué ses trafics sans être importuné par les Hells Angels. En 1989, avec une dizaine d'acolytes, dont son frère Giovanni, qui a quitté les Outlaws, Cazzetta a fondé les Rock Machine. Le gang avait la haute main sur le trafic de drogue dans plusieurs bars et restaurants du centre-ville, reconnu comme le plus payant. À lui seul, le secteur de la Main, le boulevard Saint-Laurent, rapportait 5 millions par année. Au début des années 90, une enquête policière a révélé que le gang écoulait de 20 à 25 000 quarts de gramme de cocaïne par mois.

Cazzetta et ses hommes étaient en contact aussi bien avec les Hells Angels que la mafia italienne, les frères Dubois, le gang de l'Ouest. Au besoin, selon leurs champs de compétence, l'un et l'autre s'entraidaient. Ils faisaient parfois même des alliances. En parallèle, les nantis des Rock Machine achetaient des maisons et des commerces sur le Plateau Mont-Royal et ailleurs. La police estimait la fortune de Salvatore Cazzetta à plus de 2 millions. En 1998, la police a saisi plus de 4 millions de biens à son frère Giovanni, sa soeur Maria et deux autres personnes.

Les Rock Machine avaient le vent dans les voiles au début de 1993, quand Salvatore Cazzetta et quatre autres gros trafiquants montréalais ont été pris dans une affaire d'importation de 10 000 kg de cocaïne colombienne en provenance des États-Unis. Arrêté en 1994 après s'être caché en Ontario, le chef des Rock Machine s'est battu pendant quatre ans devant les tribunaux avant d'être extradé en Floride, en 1998, où il a été condamné à 12 ans de pénitencier.

Dans l'intervalle, Maurice Boucher et ses troupes ont entrepris à coups de mitraillette et d'attentats meurtriers, de chasser les Rock Machine et leurs alliés de l'île de Montréal, afin de prendre le contrôle de la distribution de drogue. Méthodiques et impitoyables, les Hells Angels ont mis sept ans à les écarter. Cette guerre, qui a fait plus de 160 morts, s'est terminée en 2001 à la suite d'une série de raids de la police qui ont permis d'écrouer les «gros canons» des deux groupes.

En juillet 2004, Cazzetta a profité d'une libération automatique aux deux tiers de sa peine. Il a indiqué à la Commission nationale des libérations conditionnelles (CNLC) qu'il envisageait de se lancer en affaires. Même s'il niait toute affiliation criminelle, les spécialistes estimaient hautement prévisible qu'il reprenne la voie du crime. Mais comme plusieurs anciens Rock Machine, il a rallié les rangs des Hells Angels.




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