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Mahautière: plaidoyer émotif d'une juge contre la violence conjugale

Jonathan Mahautière.... (Photo fournie par le SPVM)

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Jonathan Mahautière.

Photo fournie par le SPVM

Aucune femme ne devrait craindre pour sa vie en choisissant de mettre fin à une relation amoureuse, et la violence conjugale commise dans un tel contexte doit être sévèrement punie.

Avec des sanglots dans la voix, c'est le message qu'a voulu transmettre ce matin la juge Sophie Bourque, en condamnant Jonathan Mahautière à la prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 11 ans pour le meurtre de sa copine de 17 ans, Gabrielle Dufresne-Élie.

Avant d'imposer la sentence au jeune homme, la juge venait d'entendre les témoignages empreints d'émotion de la mère et des deux soeurs de la victime, qui ont arraché des larmes aux avocats et au personnel de soutien dans la salle de cour.

« Ma vie est en état de choc, je suis paralysée par une douleur dans laquelle je suis plongée depuis. J'imagine le dernier jour de son existence dans cette chambre d'hôtel, toutes ces images d'horreur, je la vois qui essaie de fuir », a péniblement relaté Marlène Dufresne, la mère de Gabrielle, en tenant une photo de sa fille.

Après son témoignage, la juge Bourque a demandé à la mère éplorée de s'approcher d'elle et, geste rarissime dans un tribunal, elle lui a pris les mains en lui souhaitant bonne chance pour la suite.

La soeur jumelle de Gabrielle, Chloé, a ensuite exprimé sa peine. « J'ai perdu à jamais une partie de moi-même. Je suis dans un cauchemar dont je ne me réveille pas », a-t-elle souligné.

Dans le box des accusés, Jonathan Mahautière a gardé la tête baissée, même quand les proches de sa victime se sont adressés à lui.

Le jeune homme, maintenant âgé de 22 ans, a pris la parole brièvement avant que la juge ne prononce sa sentence, pour s'excuser de son crime. « Je voudrais m'excuser à la famille pour les gestes que j'ai commis, mais je ne m'attends à aucun pardon de leur part, a-t-il dit. J'ai de la misère à croire aujourd'hui que j'ai commis ces gestes à cet âge-là. Plus le temps avance, plus j'en prends conscience. »

Peu importe leur âge, « aucune femme, aucun homme ne doivent craindre pour leur vie lorsqu'ils décident de mettre fin à une relation amoureuse », a insisté la juge Bourque, qui semblait bouleversée en rendant sa décision. « Malheureusement, surtout pour les femmes, c'est trop souvent le cas. Cette peur ne devrait pas exister, qui brime les femmes dans leur droit le plus fondamental de vivre leur vie comme elles le désirent, sans craindre de la perdre. »

Pénible deuxième procès

Les proches de la victime ont mentionné à quel point ils avaient trouvé pénible de passer à travers le deuxième procès de Jonathan Mahautière, plus de quatre ans après la mort de l'adolescente. Gabrielle Dufresne-Élie a été étranglée dans une chambre d'hôtel de l'est de Montréal, après avoir annoncé à son copain qu'elle voulait rompre.

« Ça a été long et éprouvant, on faisait des cauchemars », a confié Marlène Dufresne, à sa sortie du tribunal. « Notre vie a été arrêtée pendant quatre ans. Maintenant on peut commencer notre deuil. »

En mai 2017, le premier procès pour meurtre du jeune homme a avorté, parce que le jury n'avait pas réussi à s'entendre sur un verdict.

À l'issue d'un deuxième procès devant jury, il a finalement été reconnu coupable le 4 novembre du meurtre non prémédité de Gabrielle Dufresne-Élie, ce qui entraîne automatiquement une peine de prison à perpétuité.

La juge devait décider après combien de temps il serait admissible à une libération conditionnelle. Elle a accepté la suggestion commune des avocats de la défense et de la couronne de fixer cette période à 11 ans.

Les avocats de Jonathan Mahautière ont cependant demandé la semaine dernière la permission de faire appel du verdict de culpabilité.




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