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Procès pour fraude: le policier accusé d'avoir menti aux médecins pour être déclaré inapte

L'enquêteur Nicolas Landry de la Sûreté du Québec a... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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L'enquêteur Nicolas Landry de la Sûreté du Québec a été accusé de fraude. Sa santé mentale et ses activités professionnelles alléguées pendant son congé de maladie de cinq ans seront au coeur de son procès.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Le sergent Nicolas Landry travaillait du matin au soir pour quatre agences de voyages de la Montérégie, alors qu'un médecin venait de le déclarer inapte au travail de façon permanente. L'enquêteur a fraudé la Sûreté du Québec (SQ) en mentant à ses médecins pour pouvoir toucher son salaire jusqu'à sa retraite, a plaidé hier la poursuite au début du procès.

Après un faux départ lundi, le procès de Nicolas Landry s'est finalement amorcé hier au palais de justice de Montréal. Le policier a été accusé il y a trois ans d'une fraude de plus de 5000 $ commise entre mai et novembre 2014. Sa santé mentale et ses activités professionnelles alléguées pendant son congé de maladie de cinq ans seront au coeur de ce procès de quatre semaines.

La Couronne ne conteste pas que le policier était bien malade, mais avance qu'il a dit des « mensonges » et fait des « omissions volontaires » auprès de ses médecins « en vue de se faire déclarer inapte, que ce soit de façon temporaire, totale ou permanente ». « La prétention de la poursuite ne sera pas de démontrer que monsieur n'était pas malade et que le diagnostic est erroné », a expliqué au juge le procureur de la Couronne, Me Patrick Cardinal, dans son exposé introductif.

Une photo sème le doute

Nicolas Landry est déjà en congé de maladie depuis plus de quatre ans lorsque le conseiller en relations de travail de la SQ, Rémi Lussier, se penche sur son dossier à l'hiver 2014. Selon le troisième rapport d'un troisième psychiatre, Nicolas Landry est inapte à tout emploi de façon permanente. Un diagnostic qui doit de ce fait lui permettre de toucher 100 % de son salaire jusqu'à sa retraite, sans revoir d'autres médecins.

Or, une photo « soulève des doutes » à la Sûreté du Québec en 2014, explique Rémi Lussier, premier témoin de la poursuite. Sur cette photo trouvée sur l'internet, on peut voir Nicolas Landry lors d'un voyage en 2011 organisé par l'agence de voyages de sa conjointe. Une collègue de son service appelle alors l'agence et demande à parler au policier, en se faisant passer pour une cliente potentielle.

« Elle se fait répondre par la réceptionniste que oui, le patron de l'agence était Nicolas Landry. »

Le policier en congé de maladie communique ensuite avec l'employée en question et lui donne son numéro de cellulaire. Rémi Lussier, qui a lu le dossier médical de l'accusé, recommande ensuite à son patron de prendre en filature Nicolas Landry.

Dix jours de filature démontrent que Nicolas Landry est « très actif » auprès de quatre agences de voyages. Il aurait de plus voyagé à deux reprises au cours de cette période. « Ça avait toute apparence d'une occupation professionnelle », résume Rémi Lussier.

Pourtant, l'accusé rapporte à son médecin pendant la même période ne pas « sortir très souvent de la maison et manquer d'énergie pour exercer toute activité », indique-t-on dans une demande d'enquête de la Direction des normes professionnelles de la SQ en juillet 2014. Un quatrième médecin se penche alors sur le cas de l'accusé et conclut qu'il pourrait s'agir d'un « cas de simulation ».

«Manager et directeur web»

Nicolas Landry détenait d'ailleurs un agrément d'agence de voyages de l'Association internationale du transport aérien (IATA) en 2014, a expliqué à la cour un employé de l'organisation internationale. Dans une lettre signée par la conjointe de l'époque de l'accusé, Isabelle Malorni, présidente de l'agence Carlson Wagonlit, on mentionne que Nicolas Landry travaille alors à temps plein comme « manager et directeur web » pour l'agence Voyages Mont Saint-Hilaire depuis novembre 2008.

Une trentaine de témoins seront appelés à la barre par la poursuite. L'avocat de la défense, Me Walid Hijazi, a annoncé hier avoir envoyé une citation à comparaître à Yves Morency, directeur général par intérim de la SQ, pour le forcer à témoigner. Nicolas Landry allègue dans une poursuite civile intentée vendredi dernier que M. Morency - alors à un autre poste - a demandé « directement » à la grande patronne du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) de déposer des poursuites criminelles contre lui.




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