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Procès de Tony Accurso: la preuve est close

Tony Accurso, photographié en janvier 2018.... (Photo OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Tony Accurso, photographié en janvier 2018.

Photo OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE

Dernier témoin de son procès pour fraude et complot, Tony Accurso a conclu son témoignage ce mardi. L'homme d'affaires a martelé en contre-interrogatoire qu'il aurait « immédiatement arrêté ça » s'il avait eu le « moindre doute » que ses entreprises participaient à un système de collusion des contrats publics à la Ville de Laval.

« [Les contrats à Laval], c'était de 0,6 à 3 % de mon chiffre d'affaires. Je suis beaucoup plus intéressé au 97 % de mon chiffre d'affaires ! Si mes présidents m'avaient expliqué clairement qu'il y avait un système de collusion à Laval, soit en 1997 ou en 2002, j'aurais immédiatement arrêté ça ! 97 %, c'est pas mal plus important. Et ce 3 % m'a fait perdre 100 % ! », a maintenu le témoin pendant son contre-interrogatoire. Son procès se poursuit jeudi avec les plaidoiries de la défense. 

On a évoqué l'existence d'un système de partage de contrats truqués devant Tony Accurso qu'à seulement deux reprises, en 1997 et en 2002, chaque fois par son ami de longue date Claude Asselin, devenu directeur général de la Ville de Laval sous l'administration du maire Vaillancourt.

À la première occasion, Claude Asselin lui demande brièvement s'il est au courant de l'existence d'un « système de collusion », alors qu'à la seconde occasion, son ami lui demande directement s'il « participe au système de collusion ». Or, Tony Accurso n'a pas tenté d'obtenir plus de détails à ce sujet, a-t-il indiqué en contre-interrogatoire.

Chaque fois, ses deux « bras droits », Joe Molluso, président de Construction Louisbourg et Frank Minicucci, président de Simard-Beaudry ont nié l'implication de leurs entreprises dans un système de collusion. « C'était très clair : non, on ne participe », résume-t-il. 

Le jury a appris ce matin que le directeur général de la Ville de Laval, Claude Asselin, a plaidé coupable à des accusations criminelles dans le cadre de cette affaire, à l'instar du bras droit et cousin de l'accusé, Tony Accurso.

 Jamais l'homme d'affaires n'aurait mis en péril l'entreprise héritée de son père, devenue un empire québécois de la construction pour commettre ces crimes, a répété l'accusé, en haussant le ton en contre-interrogatoire.

 « J'insiste à répéter : moi, je suis ici pour bâtir un empire ! J'ai bâti un empire d'un milliard et je mettrais ça en péril pour 0,6 à 3 % de mon chiffre d'affaires ? Ça n'a pas de bon sens ! On avait une compagnie de milliards à travers le monde entier, on avait des associations les plus prestigieuses, jamais que j'aurais mis ça en péril pour 2 ou 3 % de mon chiffre d'affaires ! Si je l'avais su, c'est sûr que je l'aurais arrêté », a-t-il lancé.

Même si les contrats à Laval ne représentaient qu'une fraction des affaires brassées par ses entreprises, Tony Accurso rencontrait régulièrement le maire de Laval Gilles Vaillancourt. Le «sénateur de Laval» le faisait même parfois attendre très longtemps avant leur rencontre. « Je trouvais qu'il manquait de respect envers moi. C'est le maire, c'est le maire inconditionnel de Laval. Tout passe par lui, c'est connu. Tu dois passer par lui pour n'importe quelle raison. Je passais par lui pour des projets spécifiques », a-t-il expliqué.

Le ton monte

Le ton a monté à deux reprises pendant le contre-interrogatoire entre le procureur de la Couronne, Me Richard Rougeau, le juge James Brunton et l'accusé. Lors du premier accrochage, Tony Accurso expliquait avoir été «très déçu» des crimes de son cousin Joe Molluso, mais qu'il n'avait pas été question de poursuivre un «frère». D'ailleurs, a continué l'accusé, il aurait «facilement» pu lui demander de témoigner pour sa défense, mais il ne l'a pas fait pour lui éviter la «honte et le déshonneur».

Et d'ajouter : «D'ailleurs, Maître [Rougeau], vous aurez pu lui demander [de témoigner]?». Ce commentaire de Tony Accurso n'a pas plu au juge Brunton qui l'a immédiatement interrompu. «M. Accurso, vous êtes en train d'aller sur un chemin...», a lâché le juge.

Au second incident, Me Rougeau insistait auprès de l'accusé afin qu'il réponde à sa question : a-t-il, oui ou non, poursuivi Frank Miniccuci, le président de son entreprise Simard-Beaudry? «Non!», a rétorqué l'accusé, mécontent. «C'est pas compliqué», a soufflé Me Rougeau. Une réplique qui a fait sortir de ses gonds le juge Brunton. «Écoutez Me Rougeau, vous n'avez pas à faire ce genre de petit commentaire. Vous ne devriez pas manifester ça dans la salle d'audience!»

Le rôle de «conseiller» qu'occupe toujours Joe Molluso au sein des entreprises des enfants de Tony Accurso a aussi été évoqué par Me Rougeau en contre-interrogatoire. Même si son cousin a plaidé coupable, Tony Accurso n'a pas eu «coeur de le mettre dehors». Néanmoins, il n'a pas jugé nécessaire de mettre en garde ses enfants concernant son embauche. « Non, non, non, ils ont un jugement ! Ils savent ce qu'il a fait », a lancé l'accusé, irrité.

CINQ CHEFS D'ACCUSATION

Tony Accurso, de son vrai nom Antonio Accurso, fait face à cinq chefs d'accusation de complot, de fraude de plus de 5000 $, d'abus de confiance par un fonctionnaire public et d'actes de corruption dans les affaires municipales.

L'homme de 66 ans aurait comploté avec une soixantaine de personnes, dont Gilles Vaillancourt et Claude Deguise pour commettre des actes de corruption dans les affaires municipales et pour commettre des fraudes. Ses crimes se seraient produits entre le 1er janvier 1996 et le 30 septembre 2010 à Laval.

La thèse de la Couronne est que la corruption et la collusion étaient « endémiques » à Laval sous le règne du maire Gilles Vaillancourt, et que Tony Accurso y a participé activement, au détriment des contribuables.




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