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«Charmer n'est pas agresser», plaide l'avocat de Gilbert Rozon

Gilbert Rozon... (Photo David Boily, archives La Presse)

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Gilbert Rozon

Photo David Boily, archives La Presse

Elles étaient presque toutes là, lundi matin au Palais de Justice de Montréal, alors que Gilbert Rozon brillait par son absence, pour cause du décès de sa mère.

Elles, ce sont 20 femmes regroupées sous le nom des Courageuses et représentées par la comédienne Patricia Tulasne. Le groupe fait une demande en action collective à la Cour supérieure, pour inconduites et agressions sexuelles, contre l'ex-grand manitou de Juste pour rire.

Toute la journée lundi, par la bouche de leurs procureurs, les deux parties ont argumenté devant le tribunal pour autoriser ou non ce recours. Les Courageuses demandent dix millions de dollars en dommages-intérêts compensatoires et punitifs.

En général, une action collective en la matière vise une institution (comme une congrégation religieuse) et non un seul homme. Or ici, le « pattern de prédateur sexuel » de Gilbert Rozon est dans une catégorie à part, selon ces femmes. Elles veulent prouver que Rozon utilisait « son pouvoir de façon systématique pour séduire, harceler et agresser des femmes. » Et que le fondateur de Juste pour rire avait un « modus operandi » qu'il répétait de la même manière dans chacun de leurs cas.

Le « syndrome » du déni

L'avocat des Courageuses a aussi plaidé l'importance de leur démarche civile et collective, ainsi que la difficulté de dénoncer au criminel lorsqu'une femme est agressée. Il a aussi parlé « du syndrome du déni » qui empêche les victimes d'agression sexuelle d'agir et de porter plainte à la police. « Le déni est un processus psychologique pour se protéger contre ce qui est arrivé », a résumé Me Bruce Johnston.

La sexualité est « une zone grise »

De son côté, l'avocat de Rozon, Me Raymond Doray, estime que le cabinet qui représente Les Courageuses est « dans la business du recours collectif ». Il avance que Rozon n'a pas utilisé son pouvoir à mauvais escient. Selon lui, il s'agit d'une perception erronée des « supposées victimes ». « Il se peut qu'une femme ait la perception qu'elle devait accepter ses avances, tout se passe entre les deux oreilles, ce n'est pas la faute de mon client », a dit Me Doray.

Charmer en utilisant son pouvoir ou son autorité n'est pas un crime, selon lui, mais ça fait partie « de la nature humaine ». « La sexualité n'est ni noir ni blanc : c'est une zone avec plusieurs teintes de gris. »

À ses yeux, les allégations sont aussi larges que disparates et très étendues dans le temps (34 ans). Son client est « un homme influent, puissant et riche, mais il n'y pas de corrélation entre son statut et des inconduites sexuelles. C'est un syllogisme ! »

Stigmates

En fin de plaidoirie, Me Doray a cité le témoignage de l'actrice Salomé Corbo, rapporté dans les médias l'automne dernier. « Elle affirme qu'elle n'a pas souffert des inconduites sexuelles, elle n'a pas eu de stigmates. Ce qui démontre qu'on ne peut pas déterminer collectivement le recours. »

L'avocat des Courageuses a pris la balle au bond en revenant devant le tribunal. « Avez-vous des enfants Me Doray ? Moi, si ma fille de 15 ans me dit que son patron lui a mis les doigts dans le vagin, je pense bien qu'elle aura un stigmate ! »

Le juge Donald Bisson a pris en délibéré la demande d'action collective des Courageuses.




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