Un juge de la plus haute Cour de la province qui témoigne dans une cause criminelle, de surcroît à la demande de l'accusé, cela n'a pas dû arriver souvent. C'est pourtant ce qui s'est passé, hier alors que le juge François Doyon, de la Cour d'appel, est venu témoigner au procès de Sylvain Gaudreau. L'homme de 53 ans est jugé en Cour supérieure, par un jury. Il se défend lui-même, sans avocat.

Christiane Desjardins LA PRESSE

M. Gaudreau est accusé d'avoir violemment agressé deux hommes avec qui il avait un litige civil. L'incident s'est produit le 4 août 2010, un peu avant 18h, dans une salle d'audience de la Cour d'appel. C'est le juge Doyon qui entendait l'affaire ce jour-là. Il a fini par débouter M. Gaudreau.

«Je me suis retiré pour délibérer. Je suis revenu 15 minutes plus tard. J'ai rendu un jugement assez court. J'ai entendu un cri. J'ai levé les yeux. M. Gaudreau s'élançait vers le fond de la salle. Je me suis levé, j'ai crié. Il s'est attaqué à l'autre partie au fond de la salle, les propriétaires des lieux. M. Gaudreau a frappé avec ses poings.»

Le juge a poursuivi en disant qu'au deuxième coup de poing, il avait vu du sang. Le premier homme attaqué était Maurice Tétreault, selon la preuve. «J'ai continué à crier: monsieur, monsieur, pour attirer son attention. Rien à faire. Il s'est dirigé vers l'autre propriétaire (Robin Doak.) Il l'a frappé aussi avec ses poings. La personne est tombée au sol. Il l'a frappée avec ses pieds. Après, M. Gaudreau semblait épuisé, il s'est assis », a raconté le juge.

M. Gaudreau a commencé à présenter sa défense, hier. Outre le juge Doyon, il a appelé comme témoins des ambulanciers et des constables spéciaux qui sont intervenus sur les lieux, de même que l'avocat civiliste qui représentait les deux victimes alléguées, Me Judah Lyon Wolofsky.

Le procès se poursuivra lundi.