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Ducarme Joseph complice plutôt que victime?

Le 18 mars 2010, des tireurs sont entrés... (PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE)

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Le 18 mars 2010, des tireurs sont entrés dans la boutique de vêtements Flawnego, rue Saint-Jacques, dans le Vieux-Montréal, et ont tiré une soixantaine de coups de feu. Ils ont tué deux hommes.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Le caïd Ducarme Joseph aurait-il pu être le complice des tireurs plutôt que la cible de ces derniers lors de la fusillade survenue à son commerce du Vieux-Montréal, la boutique Flawnego?

C'est l'hypothèse qu'a lancée l'avocat de défense, Franco Schiro, au moment des plaidoiries au procès de Carey Isaac Regis, Kyle Gabriel et Terrel Lloyd Smith, accusés de deux meurtres prémédités et de deux tentatives de meurtre.

Le criminaliste a énuméré des éléments pour étayer sa théorie durant une bonne partie de sa plaidoirie. Il n'a toutefois pas expliqué quel aurait été le motif de Ducarme Joseph de cribler de balles ses employés - dont son propre oncle - ainsi qu'un ouvrier présent ce jour-là pour faire des travaux dans la boutique de la rue Saint-Jacques.

Ducarme Joseph est le «fondateur d'un gang de rue impliqué dans le crime organisé», a indiqué l'avocat de défense.

À trois reprises durant sa plaidoirie, l'avocat a demandé aux jurés de se questionner sur le fait que la police n'avait pas demandé à Ducarme Joseph de fournir un échantillon d'ADN alors que d'autres victimes ont dû en fournir. «La Couronne ne vous a pas donné les pièces nécessaires pour résoudre le casse-tête», a plaidé l'avocat de Carey Isaac Regis.

«Il a menti à la police»

Un témoin de la fusillade a indiqué qu'il avait vu trois hommes devant la vitrine du magasin, dont les deux tireurs déguisés. Le troisième homme mesurait 5 pieds 8 pouces ou 5 pieds 9 pouces. «Si on examine les faits, ça peut seulement être Ducarme Joseph», a lancé l'avocat de défense.

Interrogé par la police, Joseph a dit qu'il n'était pas dans la boutique au moment du drame, en après-midi. Or, après la fusillade, le caïd a été l'un des premiers à composer le 911. Les policiers lui ont demandé de rester sur place, mais il a quitté les lieux.

Le caïd s'est présenté au poste de police en soirée en compagnie d'un avocat pour répondre aux questions des enquêteurs. C'est là qu'il aurait dit qu'il n'était pas présent au moment de la fusillade.

«Je vous suggère qu'il a menti à la police», a lancé Me Schiro.

Si Joseph a attendu plusieurs heures avant de rencontrer les policiers, c'était peut-être pour faire disparaître la poudre à canon qui aurait pu lui coller sur le corps ou les vêtements, a suggéré le criminaliste. «Ça ne vous semble pas bizarre?», a-t-il demandé au jury.

Me Schiro a alors rappelé au jury le témoignage d'un expert en balistique venu raconter au procès que la poudre pouvait disparaître après sept ou huit heures.

Scepticisme de la défense

Selon la théorie de la poursuite, Ducarme Joseph était la cible de l'attentat. Me Schiro n'y croit pas. «Il y avait trois hommes noirs ce jour-là dans la boutique: Frédéric Louis, Jean Gaston et Ducarme Joseph. Pourquoi les tireurs n'ont-ils pas tiré uniquement sur les Noirs? Pourquoi tirer aussi sur Peter Christopoulos et Alain Gagnon, des Blancs, si c'est un Noir qui est visé?», a demandé l'avocat de défense.

Gaston et Christopoulos, respectivement oncle et garde du corps de Ducarme Joseph, ont été tués. Frédéric Louis, son chauffeur, et Alain Gagnon, un électricien qui faisait des travaux dans le magasin, ont été gravement blessés, mais ils ont survécu.

La défense voulait appeler Ducarme Joseph en qualité de témoin, mais il a été impossible de déterminer où il se trouvait. La Couronne, elle, n'a jamais eu l'intention de l'appeler à la barre.

Un profil mixte d'ADN qui correspond au client de Me Schiro, Carey Isaac Regis, a été trouvé sur l'une des armes abandonnées sur la scène de crime. Le criminaliste a fait valoir que ce n'était pas un profil complet et que l'ADN pouvait «voyager» d'un objet à un autre sans que son client ait touché au dit objet.

C'est aussi son client qui a loué la voiture qui aurait servi aux tireurs pour prendre la fuite après l'attentat. «Le fait qu'il ait loué la voiture ne fait pas de lui l'auteur du crime», a plaidé Me Schiro.




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