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Une «Batcave» à 200 000 $ aux frais des contribuables

Plusieurs témoins ont expliqué aux enquêteurs la nature... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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Plusieurs témoins ont expliqué aux enquêteurs la nature des rénovations qu'Alain Prudhomme avait fait faire chez lui, notamment l'aménagement d'un garage « très luxueux » qu'il appelait sa « Batcave » et qui devait servir à exposer sa Porsche.

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L'ancien directeur de l'École des métiers de la construction de Montréal (EMCM) a été arrêté hier et accusé de s'être fait construire une « Batcave » de luxe pour exposer sa Porsche, aux frais des contribuables.

Alain Prudhomme, qui a dirigé l'École des métiers de la construction de Montréal pendant une vingtaine d'années jusqu'à son départ en 2017, a été épinglé hier par les enquêteurs de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Selon les mandats de perquisition déposés à la cour et consultés par La Presse, l'enquête concerne des travaux personnels, à sa résidence ou chez certaines de ses connaissances, que le directeur faisait payer par l'école publique, affiliée à la Commission scolaire de Montréal (CSDM).

« Les travaux n'ayant aucun lien avec l'école ou la CSDM ont amené des coûts de main-d'oeuvre qui ont été facturés et payés par l'EMCM. En plus, certains matériaux ont été récupérés dans la cour de l'EMCM », écrit l'enquêteur Michel Desforges dans une déclaration sous serment.

Des employés de l'école étaient aussi amenés à faire des travaux de rénovation à la résidence personnelle du directeur, selon la police.

Un garage à 200 000 $

Plusieurs témoins, dont des travailleurs de la construction qui ont participé aux travaux, ont expliqué aux enquêteurs la nature des rénovations qu'Alain Prudhomme avait fait faire chez lui, notamment l'aménagement d'un garage « très luxueux » qu'il appelait sa « Batcave » et qui devait servir à exposer sa Porsche.

Photos à l'appui, un travailleur a parlé d'un garage transformé en « salle d'exposition » d'une valeur d'environ 200 000 $. Grand amateur de voitures, Alain Prudhomme a possédé au fil des ans une Mercedes C400, une Porsche et une Audi S5, selon les documents judiciaires. Lors de la fête organisée pour l'inauguration de son garage, un entrepreneur y exposait aussi sa Ferrari.

Les entrepreneurs qui participaient aux projets étaient tous déjà sous contrat pour des travaux à l'école de Prudhomme. Alain Prudhomme aurait organisé un système où ils faisaient plusieurs factures de moins de 10 000 $ « pour éviter des contrôles administratifs ». Le directeur s'arrangeait pour que l'école paye les frais, au moyen de plusieurs chèques qui devaient tous être de moins de 5000 $.

Un entrepreneur qui avait fait pour environ 40 000 $ de travaux chez le directeur a pu être remboursé en glissant de petits montants additionnels dans une dizaine de factures différentes envoyées à l'école.

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Alain Prudhomme

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Un des entrepreneurs a raconté comment Prudhomme disait « avoir une crainte énorme des vérifications internes de la CSDM », qui auraient pu détecter son manège.

Les enquêteurs croient par ailleurs que des travaux ont aussi été faits chez une amie du directeur et au restaurant-bar d'une de ses connaissances qui lui avait prêté une berline électrique Fisker d'une valeur de 110 000 $ pour se rendre à un tournoi de golf.

Encore là, la facture des travaux a été absorbée par l'école.

Deux entrepreneurs aussi arrêtés

L'UPAC soupçonne également le directeur d'avoir fait payer l'école pour plus de 40 000 $ de matériel photographique, de systèmes audio et pour des appareils culinaires pour son usage personnel.

Alain Prudhomme est maintenant directeur général au Conseil provincial des comités paritaires de l'industrie automobile. Sa conjointe a indiqué hier soir qu'il ne souhaitait faire aucun commentaire à la suite de son arrestation. Il aurait aussi contourné les règles d'acquisition des produits de marque Apple en faisant falsifier les factures.

Après son arrestation, M. Prudhomme a été mis en liberté dans l'attente de son procès pour fraude, abus de confiance, fraude envers le gouvernement, emploi d'un document contrefait, commissions secrètes, possession de biens criminellement obtenus et fabrication de faux document.

Les entrepreneurs Enrico Di Paola, de Groupe Valdi-Tech, et Modesto Abella, de l'entreprise Abella Électrique, ont aussi été arrêtés et accusés de fraude, fraude envers le gouvernement, commissions secrètes et fabrication de faux document. Tous deux étaient des fournisseurs de l'École des métiers de la construction qui auraient participé aux travaux commandés pour le bénéfice personnel de l'ancien directeur.

Un informaticien, Mathieu Therien, a aussi été arrêté et accusé de fraude et production de faux document dans cette affaire.

***

Gâté par les fournisseurs

La police a également recueilli des témoignages selon lesquels le directeur Alain Prudhomme aurait accepté plusieurs cadeaux des fournisseurs qui avaient remporté des contrats avec son école :

- Prêt d'un condo en Floride

- Billet pour le tournoi de golf de Michel Therrien

- Partie de golf avec voiturette

- Prêt d'une voiture de luxe pour la journée

- Chèque-cadeau de voyage




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