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Laval: la police s'équipe pour neutraliser les tireurs actifs

L'année 2018 aura été marquée dans certains corps de police par l'adoption d'une nouvelle arme longue destinée aux patrouilleurs et dont le but premier est de neutraliser la menace de plus en plus présente d'un tireur actif : la Colt MRR 5,56 x 45 mm semi-automatique de calibre 223.

Il y a quelques semaines, La Presse a constaté les fonctionnalités de cette arme dans le champ de tir de la police de Laval, sous la supervision d'un sergent formateur et de son collègue.

Les deux hommes ont comparé le fusil de calibre 12 utilisé depuis des années par les patrouilleurs à la nouvelle 223, et tiré avec les deux armes, sur deux distances, à 10 et 25 mètres de la cible.

Constat : à 10 mètres, les huit plombs qui composent la cartouche réglementaire du fusil de calibre 12 de la police de Laval laissent un gros trou unique dans la cible, alors qu'à une distance de 25 mètres, les huit plombs sont dispersés dans un rayon de plus de 30 centimètres.

En revanche, que l'on tire à 10 ou 25 mètres, la 223 dessine un tir groupé et précis, en plein centre de la cible.

«Selon les normes de l'institut de police de Nicolet, le pistolet 9 mm des patrouilleurs est qualifié à 15 mètres, le fusil de calibre 12, à 25 mètres et la 223, à 75 mètres. À 100 mètres, la 223 est même capable de neutraliser une menace sans trop de difficulté», explique le sergent formateur Dominic Poulin.

Ce dernier affirme également que le système de visée de la 223 est plus performant et facile à utiliser, ce qui réduit le temps de réaction, et son chargeur, d'une grande capacité. 

L'importance de la première ligne

C'est parce que les événements impliquant des tireurs actifs - qui sont souvent mieux armés ou munis d'armes à plus longue portée que les patrouilleurs - sont de plus en plus fréquents que la police de Laval a opté pour la 223.

Son directeur Pierre Brochet explique que la police de Laval fait partie d'une structure de gestion provinciale contre le terrorisme. Avec l'aide de plusieurs partenaires, dont les écoles et les commissions scolaires, la police agit d'abord pour prévenir la radicalisation et empêcher une éventuelle attaque. Mais lorsqu'un tueur actif décide de passer à l'acte, elle veut être prête.

«En 2015, nous avions rencontré le responsable des opérations policières lors des attentats de Paris. Nous lui avions demandé conseil. Il nous a dit : "Vous aurez beau avoir des groupes tactiques d'intervention et des gens bien entraînés, ils vont arriver une demi-heure ou une heure après. Il faut que votre première ligne soit équipée"», se souvient M. Brochet.

«Un tireur actif, c'est une crise qui survient. Chaque seconde compte.»

Le 14 août dernier, un jeune homme dépressif armé d'une carabine Ruger M77 de calibre 308 juché sur un viaduc enjambant l'autoroute 440 à Laval a tiré en direction des policiers, sans les atteindre. Ceux-ci étaient armés de leurs pistolets 9 mm et de leurs fusils de calibre 12, d'une moins grande efficacité que la carabine du suspect. Finalement, le jeune homme s'est rendu sans qu'une goutte de sang soit versée. Mais cet événement a «conforté» le directeur Brochet dans sa décision d'acquérir la carabine semi-automatique 223.

La police de Laval en a acquis une quarantaine au coût de 162 000 $. 

Au début du mois de décembre, 27 patrouilleurs de Laval avaient suivi une formation de cinq jours pour apprendre à utiliser la 223. Une fois que les patrouilleurs ont suivi la formation, une 223 remplace l'ancien fusil de calibre 12 dans les voitures de patrouille des duos. La police évalue que former 180 patrouilleurs prendra trois ans. Tous les patrouilleurs qui ont suivi la formation doivent également suivre une formation de mise à jour annuelle.

Outre la police de Laval, d'autres corps de police ont adopté la 223, dont la Sûreté du Québec et les polices des agglomérations de Longueuil, Châteauguay, Bromont, Lévis, Saint-Jérôme, Saint-Jean-sur-Richelieu et de la MRC des Collines.

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Une nouvelle armure

En plus de la carabine 223, la police de Laval a acquis cette année pour ses patrouilleurs une autre arme pour faire face à la menace d'un tireur actif : un bouclier dont la protection est supérieure à celle du traditionnel gilet pare-balles. Le bouclier, qui pèse 35 lb (16 kg) et qui possède en son centre une plaque de métal, est capable d'arrêter les projectiles de la plupart des armes de chasse de gros calibre. Il est muni d'une bavette en kevlar destinée à protéger les jambes du policier et d'un harnais permettant à l'utilisateur de supporter son poids tout en utilisant ses mains en cas de besoin. Pendant qu'un policier tient le bouclier, un autre, muni d'une arme longue, peut également se protéger derrière la carapace. Auparavant, seuls les membres du groupe tactique d'intervention (GTI) pouvaient compter sur cette pièce d'équipement, mais la Ville de Laval en a acheté trois pour ses patrouilleurs qui sont sous la responsabilité des superviseurs. Au moins un de ces nouveaux boucliers a été utilisé lors de l'événement du tireur juché sur le viaduc de l'autoroute 440 en août dernier.

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Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse




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