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Spectaculaire plan d'évasion pour le caïd Desjardins

Raynald Desjardins, qu'on voit ici sortir du palais... (PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE)

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Raynald Desjardins, qu'on voit ici sortir du palais de justice de Joliette en 2011, a été arrêté la même année pour le meurtre de l'aspirant-parrain Salvatore Montagna.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Un complot digne d'un film de James Bond aurait été élaboré l'automne dernier pour faire s'évader le caïd Raynald Desjardins.

C'est du moins ce que prétend un rapport de la Sûreté du Québec obtenu par La Presse, qui est contenu dans une requête de la poursuite déposée en Cour supérieure et visant à tenir le procès de Desjardins et de ses sept présumés complices au Centre de services judiciaires Gouin à Montréal, plutôt qu'au palais de justice de Joliette, pour des raisons de sécurité et de logistique.

Arrêté en décembre 2011 pour le meurtre de l'aspirant-parrain Salvatore Montagna, commis un mois plus tôt à Charlemagne, Desjardins est détenu au Centre de détention de Montréal (Bordeaux) avec les Hells Angels. Le rapport précise qu'une source a indiqué à un agent de renseignements de cette prison, à la fin octobre, qu'un complot avait été élaboré pour faire s'évader le caïd durant son transport entre l'établissement et le palais de justice de Joliette, où le dossier a été ouvert.

GPS, barrage routier et coups de feu

L'informateur fait état d'une puce localisatrice GPS et d'une clé de menotte que le caïd ou un codétenu aurait fait entrer en prison. Selon l'informateur, le plan prévoyait que lors d'un transport en fourgon cellulaire, Desjardins aurait sur lui cette clé et cette puce, permettant ainsi d'être suivi par GPS par des complices. La source va jusqu'à préciser que le fourgon de Desjardins aurait ensuite été pris en chasse par une minifourgonnette et un camion de 53 pieds, et qu'à un endroit jugé propice, le poids lourd aurait bloqué le fourgon cellulaire tandis que les occupants de la camionnette auraient ouvert le feu sur le fourgon «avec l'aide d'une arme longue d'assaut qui aurait été vissée au plancher du véhicule », peut-on lire dans le document.

Le complot, avéré ou pas, ne s'est jamais concrétisé. Mais les autorités ont pris les menaces au sérieux, d'autant que le rapport indique qu'il s'agissait du deuxième complot d'évasion concernant Desjardins en quelques mois. Depuis novembre, donc, une équipe d'au moins une demi-douzaine de membres du groupe tactique d'intervention (GTI) de la Sûreté du Québec escorte Raynald Desjardins à chacun de ses déplacements vers le palais de justice de Joliette.

Dans un autre rapport joint à la requête, un membre du GTI raconte qu'un jour, avant de quitter le palais de justice de Joliette, les policiers ont dû identifier des émondeurs qui s'activaient sur le terrain. Par la suite, ils ont remarqué la présence d'une Porsche Cayenne GTS noire qui a laissé passer le convoi carcéral avant de le talonner. Le fourgon et le véhicule des policiers ont emprunté une rue en construction et roulé sur des cônes, étant imités aussitôt par la Porsche Cayenne, ce qui a inquiété les agents.

Jusqu'à huit agents par jour

Les sept coaccusés de Raynald Desjardins sont éparpillés dans trois autres prisons et les responsables de l'établissement de détention de Saint-Jérôme, qui organiseront leur transport, évaluent qu'il faudra ajouter jusqu'à huit agents quotidiennement et que ces déplacements fréquents, sur de longues distances, entraîneront inévitablement des retards dans l'arrivée et le retour des détenus.

De son côté, la Direction de la sécurité dans les palais de justice soutient qu'aucune salle d'audience du palais de justice de Joliette n'est suffisamment sûre, autant pour les accusés que pour un éventuel jury.

Pour toutes ces raisons, la Poursuite demande que les huit accusés soient détenus au Centre de détention de Montréal et que le procès ait lieu au Centre de services judiciaires Gouin, qui est relié à la prison par un tunnel et qui a été construit spécialement pour les superprocès tenus sous haute sécurité.

Rappelons que Raynald Desjardins a subi son enquête sur mise en liberté à cet endroit l'année dernière. La poursuite juge que le procès de Desjardins et de ses complices devrait durer environ un an. Il ne devrait pas commencer avant janvier 2015, ce qui signifie toutefois qu'il pourrait entrer en conflit avec les procès des 51 derniers accusés de l'opération SharQc qui, à moins d'un autre revirement spectaculaire, sont prévus pour commencer respectivement à l'automne et à l'hiver prochains.

La requête en changement de venue de la poursuite sera débattue à Joliette vendredi prochain.

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Pour joindre Daniel Renaud en toute confidentialité: 514 285-7000, poste 4918




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