(Londres) Des trafiquants de drogue s’habillent en joggeurs ou utilisent de faux badges de soignants pour se déplacer librement pendant le confinement, décrété fin mars au Royaume-Uni, selon un expert des gangs.

Agence France-Presse

Dans cette situation inédite, les revendeurs élaborent de nouvelles stratégies pour poursuivre leurs trafics, en s’habillant comme s’ils partaient faire de l’exercice – toujours autorisé dans le pays – ou en arborant de faux badges, pour échapper aux contrôles des policiers, a expliqué le professeur Simon Harding, directeur du Centre national de recherche sur les gangs (NCGR) de l’Université de West London.

De nombreux revendeurs « prennent en considération les recommandations du gouvernement sur la distanciation sociale » et agissent de façon à éviter d’être contaminés, explique l’universitaire, mais en même temps « les affaires continuent ».

« Des voitures sont utilisées plus souvent pour effectuer des transactions arrangées par téléphone, avec des produits jetés par la fenêtre », a aussi raconté le professeur Harding.

Des jeunes et des personnes vulnérables sont en outre employées pour transporter des drogues et de l’argent.  

L’agence nationale de lutte contre la criminalité avait déjà mis en garde le mois dernier contre les nouvelles tactiques déployées par les revendeurs, inquiets de se faire repérer plus facilement par les policiers au moment où la population est appelée à rester chez elle.

« Dans certains cas, les trafiquants de drogue se font passer pour des travailleurs-clés au cas où ils seraient arrêtés et interrogés », avait indiqué la NCA dans un communiqué, en référence aux professionnels toujours autorisés à se déplacer malgré le confinement. « En continuant de vendre des drogues, ils augmentent considérablement les risques de propagation du virus », avait souligné la NCA.