(Harare) La ministre zimbabwéenne de la Défense a qualifié la pandémie de coronavirus de « punition » divine infligée aux États-Unis et à l’Union européenne (UE) pour avoir imposé des sanctions à son pays en raison de sa répression de l’opposition.

Agence France-Presse

« Le coronavirus est l’œuvre de Dieu qui punit les pays qui nous ont imposé des sanctions », a déclaré la ministre Oppah Muchinguri, lors d’un rassemblement samedi à Chinhoyi, dans le nord du pays.

« Ils sont enfermés chez eux. Leur économie souffre comme ils ont fait souffrir la nôtre », a-t-elle affirmé.

« Ils doivent sentir les effets du coronavirus pour comprendre notre douleur », a ajouté la ministre, estimant que la pandémie montrerait au président américain Donald Trump « qu’il n’est pas Dieu ».

Les États-Unis maintiennent depuis près de vingt ans des sanctions contre quelque 100 personnes et entités juridiques zimbabwéennes, dont l’actuel président Emmerson Mnangagwa, en réponse à la répression sanglante infligée aux opposants.

Au début du mois, Washington a prolongé ces sanctions d’un an, en raison notamment des « meurtres extrajudiciaires et viols » commis par les forces de sécurité.

Englué dans une crise économique interminable qui a précipité une large part de sa population dans la misère, le pays a aujourd’hui désespérément besoin d’investissements étrangers pour s’en sortir, et donc d’une levée des sanctions.

Le Zimbabwe n’a officiellement enregistré aucun cas du nouveau coronavirus.

Mais l’Afrique du Sud voisine, pays le plus touché d’Afrique subsaharienne, a annoncé dimanche un nouveau bilan de 51 cas.

Avec sept décès pour 280 cas, essentiellement en Égypte et au Maghreb, selon un décompte de l’AFP établi à partir de sources officielles dimanche à 5 h, l’Afrique est jusqu’à présent nettement moins touchée que le reste de la planète. Mais une série de pays d’Afrique subsaharienne ont rapporté de premières contaminations ces 48 dernières heures.