(Londres) So British et so… distancié. Les joueurs de croquet, qui reprend tout juste en Grande-Bretagne après l’arrêt forcé par la COVID-19, rêvent d’une seconde jeunesse pour leur sport, « parfait » selon eux pour pratiquer en appliquant la distanciation.

Pirate IRWIN
Agence France-Presse

« Les articles de presse sur le déconfinement se sont focalisés sur des sports comme le golf, le tennis ou le basket-ball, omettant le croquet, qui est le sport parfait pour la distanciation », note dans un communiqué la fédération britannique de croquet.

Ce sport typiquement anglais, consistant à frapper une boule avec un maillet pour la faire passer sous des arceaux, se pratique sur des terrains « grands comme deux terrains de tennis », souligne la Croquet Association.

PHOTO BEN STANSALL, AFP

Un joueur de croquet frappe la balle avec son maillet au Sussex County Croquet Club, à Brighton, dans le Sud de l’Angleterre le 20 mai 2020. Ce sport typiquement britannique fait un retour au jeu avec le déconfinement en cours en Grande-Bretagne.

Très majoritairement pratiqué par des retraités, le croquet, tout comme la boule anglaise (« bowls »), un sport voisin, entend profiter de l’occasion pour rajeunir son image.

« Il y a une seule personne sur le gazon en même temps », souligne Jonathan Isaacs, vice-président de la Croquet Association.

« Pour le golf croquet (une variante), même s’il y a deux joueurs sur le court en même temps, l’étiquette impose au joueur dont ce n’est pas le tour de rester à distance », explique-t-il.

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Le croquet a repris en partie en en Grande-Bretagne, suscitant autant d’intérêt qu’avant de la part du public... c’est-à-dire bien peu. Ce que déplore la Croquet Association, qui note que le croquet est idéal en ces temps de distanciation physique.

L’origine du croquet, pratiqué par Winston Churchill en dépit de son célèbre « No sport », se perd dans les siècles.

Tapisserie de Bayeux

Un jeu avec maillets, boules et arceaux est dépeint sur la tapisserie de Bayeux, faisant remonter son origine au XIe siècle au moins, affirme Jonathan Isaacs.

En dépit de l’arrêt imposé par la pandémie, les finances des clubs se portent plutôt bien, assure-t-il. « La plupart n’en peuvent surtout plus d’attendre pour retourner sur le gazon », dit-il.

Mais pour les pratiquants les plus âgés, la situation sanitaire du Royaume-Uni, où le coronavirus a fait plus de 36 000 morts, reste un frein important.

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Ce sport typiquement anglais, consistant à frapper une boule avec un maillet pour la faire passer sous des arceaux, se pratique sur des terrains « grands comme deux terrains de tennis », souligne la Croquet Association.

Les plus de 70 ans sont incités à éviter au maximum les contacts avec l’extérieur, en raison de leur vulnérabilité.

Un problème pour la boule anglaise, selon Rod McBeth, dirigeant dans le Sussex (sud-est) de ce sport que pratiquait le navigateur Francis Drake au XVIe siècle.

« Au moins la moitié, si ce n’est les deux tiers, des licenciés ont plus de 70 ans », dit-il à l’AFP.

« J’ai parlé à beaucoup de membres de clubs qui s’arrachent les cheveux », raconte-t-il.

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Le croquet et la boule anglaise (« bowls »), qui lui ressemble, évoquent l’image de personnes âgées --ayant un sens inné ou développé de la géométrie-- s’affrontant sur des pelouses impeccables.

Lui-même âgé de 74 ans, il n’a pas recommencé à jouer et s’occupe en faisant des puzzles. « Mais l’inaction me rend fou », reconnaît-il.

Si la pratique est réautorisée, les compétitions ne reprendront pas avant l’année prochaine.

« Ça n’a pas de sens de tenter le coup pour rien », justifie Rod McBeth. « Beaucoup de gens qui peuvent (jouer) ne vont pas le faire. Ils ne sont pas sûrs que ce soit une bonne idée. »