L’opposition à laquelle font face plusieurs projets pour sans-abri « n’est pas acceptable » et les Montréalais doivent se préparer à voir ces lieux se multiplier, a affirmé vendredi le patron de la Mission Old Brewery.

James Hugues participait à l’annonce d’une enveloppe de 57 millions de Québec et d’Ottawa pour financer l’ouverture ou le maintien de 51 installations destinées aux plus vulnérables.

« Il faut le dire : ça veut dire que les organismes vont être de plus en plus présents dans les différents quartiers à travers la ville », a dit James Hugues, PDG de la Mission Old Brewery, en conférence de presse.

« Je pense à tous les projets où il y a autour des communautés résidentielles qui disent : “Non, non, pas ici.” Ce n’est pas acceptable. Ce n’est pas acceptable, selon moi, comme réponse », a-t-il continué.

C’est légitime d’être nerveux, d’être inquiet, mais tout le monde doit faire sa part.

James Hugues, PDG de la Mission Old Brewery

M. Hugues participait à l’annonce parce que l’enveloppe inclut des fonds pour plusieurs projets de son organisation.

Dans les dernières semaines, les enjeux de cohabitation entre sans-abri et voisinage ont fait les manchettes à plusieurs reprises. Les problèmes de la Maison Benoit-Labre, dans le Sud-Ouest, ont notamment retenu l’attention.

« Il y a toujours moyen de s’entendre »

Vendredi midi, sur la même scène, le ministre québécois responsable des Services sociaux, Lionel Carmant, n’a pas voulu reprendre les mots de M. Hugues.

« Il faut travailler avec les différentes populations, les différents quartiers pour leur expliquer ce qui va être fait, leur expliquer ce qu’on peut faire et rendre les projets acceptables, a dit M. Carmant. Il y a toujours moyen de s’entendre sur une solution. C’est ce qu’on fait. »

L’élu du dossier de l’itinérance à la Ville de Montréal, Robert Beaudry, a défendu l’approche de la Ville en matière de choix des sites destinés à accueillir des refuges.

PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, ARCHIVES COLLABORATION SPÉCIALE

Robert Beaudry

« On est toujours en lien avec les populations quand on implante des services. Bien évidemment, ce n’est pas avant les acquisitions [de bâtiments] qu’on parle avec la population, parce qu’on est dans des stratégies immobilières. Toutefois, on veut les impliquer », a-t-il dit. Mais attention : « Ce n’est pas un référendum, on ne met pas au jeu l’option de faire ou de ne pas faire un projet pour des populations vulnérables dans un quartier. On les fait. »

La Presse a rapporté vendredi matin que la Ville de Montréal achète actuellement un bâtiment d’Ahuntsic-Cartierville pour y installer le premier refuge d’urgence de l’arrondissement.

Le Centre Bois-de-Boulogne, situé sur l’avenue du même nom, « pourra accueillir jusqu’à 50 personnes en situation d’itinérance », indique Montréal.

Un CPE situé à une centaine de mètres et une communauté religieuse voisine ont déjà exprimé leur opposition au projet.