Environ 670 personnes dans les grandes villes canadiennes ont perdu la vie en raison de journées de chaleur extrême au Canada de 2000 à 2021, selon une nouvelle étude de Statistique Canada, qui montre que Montréal est particulièrement touché. L’organisme signale que le problème est appelé à prendre de l’ampleur avec le réchauffement climatique.

12 villes

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Edmonton, en Alberta

Environ 670 personnes dans les grandes villes canadiennes ont perdu la vie en raison de journées de chaleur extrême au Canada de 2000 à 2021, selon une nouvelle étude de Statistique Canada. L’étude s’est penchée sur 12 villes ayant une population de plus de 500 000 habitants : Toronto, Montréal, Calgary, Ottawa, Edmonton, Winnipeg, Mississauga, Vancouver, Brampton, Hamilton, Surrey et Québec. Ces villes représentent 34 % de la population au pays.

Chaleur extrême

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Pour Montréal, un évènement de chaleur extrême représente deux journées consécutives où il fait 32 degrés ou plus, ou une journée où l’humidex est de plus de 40.

« Dans les 12 villes, environ 670 surmortalités non accidentelles, 115 surmortalités dont la cause est d’origine cardiovasculaire et 115 surmortalités dont la cause est d’origine respiratoire étaient attribuables aux évènements de chaleur extrême pendant la période à l’étude », note le document. Pour Montréal, un évènement de chaleur extrême représente deux journées consécutives où il fait 32 ˚C degrés ou plus, ou une journée où l’humidex est de plus de 40.

Maladie sous-jacente

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Les risques de mortalité de causes non accidentelles sont 9 % plus élevés pour tous les groupes d’âge lors des journées de chaleur extrême.

Didier Garriguet, éditeur scientifique à Statistique Canada, signale que les risques de mortalité de causes non accidentelles sont 9 % plus élevés pour tous les groupes d’âge lors des journées de chaleur extrême. « On remarque que les personnes de 65 ans et plus sont un peu plus à risque, en raison de coups de chaleur, ou le plus souvent de causes indirectes, comme souffrir d’une maladie sous-jacente qui est aggravée par la chaleur extrême », dit-il. M. Garriguet s’attend à une hausse des décès dus à la chaleur au cours des prochaines années. « On avait en moyenne 3,5 journées de chaleur extrême par année dans la période étudiée, et je pense qu’on est déjà à plus de 3 journées pour cette année, et on est seulement en juin. Alors, oui, on anticipe une hausse. »

Locataires, prenez garde !

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À Montréal et à Toronto, respectivement 61 % et 48 % des ménages sont locataires.

Montréal a fait état d’une surmortalité d’origine non accidentelle de 295 de 2000 à 2020, contre 250 à Toronto et 32 à Québec. C’est que la chaleur extrême ne touche pas tout le monde de façon égale. « De manière générale, les risques de mortalité pendant les évènements de chaleur extrême étaient plus élevés dans les villes ayant de plus grandes proportions de ménages locataires », note l’étude. C’est notamment le cas à Montréal et à Toronto, où respectivement 61 % et 48 % des ménages sont locataires. « Les personnes vivant dans des logements locatifs sont beaucoup moins susceptibles d’avoir la climatisation par rapport aux moyennes provinciales », notent les chercheurs.

470 morts au Québec

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Les températures élevées de l’été sont associées à une plus grande fréquentation des services de santé.

Par ailleurs, dans une autre étude sur la question, une équipe de l’Institut national de la recherche scientifique a démontré que chaque été, au Québec, les températures élevées sont associées à 470 morts, 225 hospitalisations, 36 000 visites aux urgences, 7200 transports en ambulance et 15 000 appels à Info-Santé. Ce fardeau sanitaire était surtout concentré lors des 5 % des journées les plus chaudes de l’été, avec près de 200 morts, 170 hospitalisations, 6200 visites aux urgences, 1500 transports en ambulance et 3300 appels à Info-Santé, selon l’étude publiée dans la revue scientifique Environmental Research.

Avec La Presse Canadienne