Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ne prévoit pas démanteler le campement propalestinien de McGill, mais dit mener une enquête sur une publication ayant fait la promotion d’un « programme révolutionnaire pour les jeunes » avec des images de combattants armés de fusils d’assaut.

« Cette publication qui invite des jeunes à participer à des ateliers au campement est préoccupante, puisqu’une image d’un fusil d’assaut y apparaît », a déclaré l’inspecteur David Shane, responsable des communications, en conférence de presse lundi après-midi. La publication fait la promotion d’un programme qui « inclura de l’activité physique, des cours d’arabe [et] des leçons révolutionnaires ».

Le SPVM mène une enquête et dit avoir échangé à ce sujet avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC). « Nous comprenons les craintes que peut susciter cette publication », a indiqué M. Shane.

Les organisations de la communauté juive ont rapidement dénoncé ces propos. L’image a aussi fait réagir le recteur de l’Université McGill, Deep Saini, qui l’a décrite comme « extrêmement alarmante », dans un communiqué de presse.

Des images qui évoquent de la violence ne sont pas des outils d’expression et de réunion pacifiques.

Deep Saini, recteur de l’Université McGill

Lundi, l’administration Plante a joint sa voix au concert de critiques : « Cette affiche était complètement inacceptable, à la limite très choquante pour nous », a affirmé Alain Vaillancourt, responsable de la sécurité publique au comité exécutif. M. Vaillancourt était questionné par l’élu de l’opposition Sonny Moroz, qui s’est dit « choqué et alarmé par la violence de cette publicité ».

Pas de démantèlement prévu

Le SPVM ne prévoit pas pour autant démanteler le campement propalestinien de McGill. À la mi-mai, l’Université McGill a déposé une nouvelle demande d’injonction à la Cour supérieure pour forcer le démantèlement du campement.

« La Cour supérieure aura donc à trancher la question importante que soulèvent deux droits fondamentaux qui s’opposent, soit celui relatif à la jouissance de la propriété versus celui relatif à la liberté d’expression », a déclaré M. Shane.

Le SPVM dit toutefois rester à l’affût de l’évolution de la situation, afin d’assurer le respect, la protection et la sécurité de la population. L’inspecteur David Shane soutient que le corps de police a encadré près de 250 manifestations, dont la « presque totalité s’est déroulée dans le bon ordre ».

250 évènements haineux

Le SPVM constate une multiplication des crimes et incidents haineux en lien avec la guerre entre Israël et le Hamas, avec quelque 250 évènements depuis le 7 octobre. De ceux-ci, 146 sont des crimes haineux et 104 sont des incidents haineux, tels que des insultes. « On incite les citoyens à dénoncer, parce qu’on va quand même faire des interventions préventives pour éviter qu’on en vienne un jour à un crime », explique M. Shane.

Pour le moment, 31 dossiers ont été soumis au directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Un suspect a également été arrêté en lien avec les coups de feu tirés sur l’école juive Yeshiva Gedola dans l’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, survenus le 12 novembre dernier.

Avec Philippe Teisceira-Lessard et Fannie Arcand, La Presse