La mairesse de la Ville de Montréal, Valérie Plante a annoncé ce jeudi que les propriétaires dont les terrasses avaient été brusquement fermées par les agents du Service de sécurité incendie de Montréal (SIM), pourront réinstaller leurs chapiteaux.

Des places de stationnement aux abords des terrasses seront retirées afin de permettre aux terrasses d’empiéter davantage sur la chaussée et de respecter ainsi les trois mètres de distance avec le bâtiment. De possibles compensations financières sont envisagées, mais rien n’a été entériné pour moment.

« Cette solution-là, je voulais d’abord la tester avec les restaurateurs en premier pour s’assurer que ça tienne la route », explique la mairesse.

Elle dénonce par ailleurs l’approche « cavalière » de certains agents du SIM auprès des commerçants de la rue Peel.

[Pour] l’ensemble des fonctionnaires, il y a une façon de faire qui est importante et qui est basée sur le respect et évidemment sur l’accompagnement.

Valérie Plante, mairesse de la Ville de Montréal

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Valérie Plante, mairesse de la Ville de Montréal

Le directeur adjoint à la sécurité urbaine, Martin Prud’homme, a rappelé que l’objectif est dorénavant de corriger les erreurs commises la fin de semaine dernière.

« On ne veut pas répondre à un appel d’incendie, on veut l’éviter et c’est notre responsabilité de l’expliquer aux commerçants et de les accompagner », dit-il. Ce dernier a lancé dans la foulée une enquête administrative et deux employés-cadres du SIM ont été suspendus de leurs fonctions.

Des mesures supplémentaires seront instaurées dans le secteur afin d’assurer la fluidité du transport et une meilleure signalisation.

La mairesse rencontrera la semaine prochaine le président-directeur général de Formula One Group, Stefano Domenicali, pour discuter des coups manqués de cette édition.

Dans une lettre qu’il a adressée à la mairesse et que La Presse a pu obtenir, Stefano Domenicali évoque les enjeux vécus lors du Grand Prix.

« Il est essentiel que nous respections les normes que nos fans et les parties prenantes exigent, et comme vous le savez, certains aspects n’ont pas été à la hauteur ce week-end, peut-on lire dans la lettre. À l’approche de l’année prochaine, il est crucial que les parties impliquées améliorent leur coordination pour permettre à la course d’atteindre son potentiel. »

Des commerçants « heureux »

Le propriétaire du restaurant Chez Alexandre, Alain Creton a affirmé que les commerçants concernés se disent désormais « heureux » face à l’annonce de la Ville. Il affirme que les chapiteaux seront de retour sur les terrasses dès lundi prochain.

« Nos terrasses vont retrouver l’espace qu’elles avaient avant et tout le monde va être sécuritaire finalement », dit-il.

Vendredi dernier, quatre restaurants de la rue Peel ont été forcés par le SIM de fermer leurs terrasses pour des raisons de sécurité alors que le Grand Prix battait son plein. Les terrasses ont pu rouvrir dès le lendemain, mais sans les chapiteaux qui les protégeaient des intempéries.

Cet évènement a suscité de vives réactions dans la population et auprès d’élus de la métropole après qu’une des commerçantes de la rue Peel a publié sur les réseaux sociaux une vidéo racontant son calvaire.

Plusieurs milliers de dollars de pertes

Pour les commerçants touchés, les pertes financières sont considérables notamment pour ce qui est de la journée pluvieuse du samedi.

Le gérant du restaurant Iberica, Christopher Ramirez, estime que ces pertes financières pourraient s’élever jusqu’à 10 000 $. Il avoue qu’il aimerait recevoir des compensations financières, mais se dit « réaliste ».

« Le samedi, toute la journée, il pleuvait. On n’a donc pas eu une table dehors », dit-il.

Pour Alain Creton, des compensations financières ne reflètent pas son « style personnel ». Il espère toutefois que les échauffourées du Grand Prix serviront de leçon pour le futur.

Si notre grande mésaventure peut servir à ce qu’il y ait une restructuration du côté de la Ville, du SIM ou de la police […] on aura gagné beaucoup plus que de l’argent.

Alain Creton, propriétaire du restaurant Chez Alexandre

Questionnée à ce sujet, la mairesse explique que ce « n’est pas tout noir ou blanc », avant d’ajouter que des non-conformités ont tout de même été constatées sur les lieux par le SIM.

Elle reconnaît également l’impact que les évènements ont engendré sur la clientèle et sur la réputation du Grand Prix.

Le directeur général de la SDC du centre-ville de Montréal, Glenn Castanheira, salue quant à lui les efforts de la Ville, mais l’invite à s’attaquer à la « source du problème »

« Le SIM et la Ville de Montréal doivent prendre des actions concrètes pour améliorer les relations avec les parties prenantes lors de fermetures de rues, d’évènements majeurs, de piétonnisations et de terrasses, dit-il. Une meilleure communication est essentielle pour éviter de tels incidents à l’avenir. »

De son côté, le chef de l’Opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal, Aref Salem, estime que les mesures annoncées par la mairesse sont « trop peu trop tard ». Il réitère son souhait que le SIM et l’arrondissement de Ville-Marie soient convoqués au conseil municipal pour « fournir des explications ».