Les pesticides seront bientôt interdits sur les huit terrains de golf montréalais, qui bénéficiaient jusqu’ici d’une exemption au règlement de la Ville ayant déjà prohibé la vente et l’utilisation de tels produits sur le reste du territoire, il y a deux ans.

C’est ce qu’a annoncé l’administration Plante jeudi, en précisant que la mesure, une première au Canada, sera effective « à compter de la saison 2025 ». À court terme, cet été, les golfs pourront donc continuer d’utiliser des pesticides, mais il s’agira de la dernière saison où ils y seront autorisés.

Quelques exceptions demeureront toutefois, pour autant qu’elles soient « limitées dans le temps et précises dans leurs portées ». Ainsi, le mécoprop, qui sert surtout à contrôler le plantain, continuera d’être accepté entre le 15 avril et le 15 juin. Le chlorothalonil, s’attaquant à la moisissure grise ou rose des neiges, sera quant à lui autorisé entre le 15 octobre et le 1er décembre de chaque année.

Des tests d’activités régulières sans pesticides ont déjà été menés ces deux dernières années au Golf municipal de Montréal, un processus dont les résultats « se sont avérés positifs », selon la Ville. L’établissement n’utilise donc déjà plus de pesticides.

Au comité exécutif, la responsable de l’environnement et de la transition écologique, Marie-Andrée Mauger, a rappelé que « les pesticides sont considérés comme l’une des principales causes du déclin de la biodiversité mondiale et sont extrêmement nocifs pour la santé humaine.

« Malgré ces constats, on remarque une hausse de l’utilisation de ces produits au Québec et ailleurs. En tant que métropole, nous devons faire preuve d’exemplarité en limitant encore davantage l’utilisation de pesticides », a-t-elle dit.

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Marie-Andrée Mauger, responsable de l’environnement et de la transition écologique

Sans donner plus de détails, Montréal assure néanmoins qu’elle appuiera les exploitants de golfs « dans cette transition vers des pratiques sans pesticide en leur fournissant le soutien et les ressources appropriés ».

Pour des raisons de sécurité, les exploitants des corridors de transport ferroviaire continueront par ailleurs d’être exemptés du règlement sur les pesticides « afin de faciliter l’entretien des voies ferrées et de leurs emprises, les essais d’alternatives aux pesticides interdits ne s’étant pas révélés concluants », indique-t-on.

Montréal a été la première municipalité québécoise à interdire la vente de pesticides contenant 36 ingrédients actifs, dont le glyphosate. Elle a toutefois mis du temps à faire respecter son règlement. Près de trois mois après son entrée en vigueur, en mars 2022, au moins huit quincailleries avaient encore des produits interdits sur leurs tablettes, et la Ville n’avait encore fait aucune inspection.

Sur toute l’année 2022, la Ville de Montréal avait ensuite réalisé plus d’une centaine d’inspections en magasin, selon des données obtenues par La Presse, afin de faire appliquer son règlement.

Avec Ariane Krol, La Presse