Il est urgent de « protéger à perpétuité » le terrain en friche fauché par Aéroports de Montréal (ADM), où on retrouve des milliers de plants d’asclépiades qui servent de nourriture aux papillons monarques, a martelé jeudi l’opposition officielle à l’hôtel de ville.

Publié le 11 août
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Le fauchage survenu au Champ des monarques est un signal d’alarme. La Ville de Montréal doit réitérer au gouvernement fédéral l’urgence de le protéger, de même que les autres situés au nord de l’aéroport lui appartenant, afin de préserver la biodiversité. Ceux-ci pourraient enfin être intégrés au projet de parc-nature des Sources, qui deviendrait un legs environnemental d’envergure pour les générations futures », a fustigé jeudi le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa.

En juillet, des élus québécois avaient fait part de leurs préoccupations quant aux explications d’ADM concernant le récent fauchage du « Champ des monarques », un immense milieu naturel grand comme 10 terrains de football, riche en biodiversité. La zone de 19 hectares fauchée par ADM fait partie d’une immense zone verte de 200 hectares qui jouxte l’aéroport Trudeau, de la superficie du parc du Mont-Royal.

  • Le « champ des monarques » avant la coupe

    PHOTO FOURNIE PAR TECHNOPARC OISEAUX

    Le « champ des monarques » avant la coupe

  • Le « champ des monarques » après la coupe

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    Le « champ des monarques » après la coupe

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Marwah Rizqy, la députée libérale provinciale, et Alexandre Boulerice, le chef adjoint du Nouveau parti démocratique (NPD), avaient alors conjointement demandé au gouvernement fédéral d’agir rapidement afin de protéger l’ensemble de ce « poumon urbain », dernier espace vert d’envergure non protégé dans l’île de Montréal. Le groupe citoyen Technoparc Oiseaux dit y avoir recensé au moins plus de 4000 plants d’asclépiades nourrissant les papillons monarques, une espèce menacée d’extinction.

À l’époque, le cabinet du ministre des Transports, Omar Alghabra, avait indiqué qu’une rencontre était prévue « prochainement entre le ministre et l’aéroport pour discuter de la situation ». Cette rencontre a bel et bien été tenue le 15 juillet, « afin de réaffirmer l’engagement de notre gouvernement envers la protection des terrains ainsi que la protection des papillons monarques ». « Les Montréalais sont impatients de voir un plan mis en œuvre dès que possible. Le ministre Alghabra aura une conversation de suivi sur le sujet avec le PDG plus tard en août. ADM doit prendre ses responsabilités », a martelé l’attachée de presse, Laurel Lennox.

« Redoubler de pression »

Un mois et demi plus tard, la situation ne semble toutefois toujours pas réglée. M. De Sousa demande à l’administration Plante de « redoubler la pression sur le gouvernement du Canada afin qu’il protège à perpétuité les terrains situés au nord de l’aéroport de Montréal en collaboration avec la Ville de Montréal, l’arrondissement de Saint-Laurent et la Ville de Dorval ».

Au cabinet de Valérie Plante, on indique que « le champ des monarques est extrêmement important pour la biodiversité » ». « Nous nous attendons à ce que tous les occupants du secteur posent des gestes concrets pour assurer sa protection », affirme l’attachée de presse Alicia Dufour, en rappelant que Montréal a déjà protégé en février les terrains lui appartenant dans le secteur sud du Technoparc. La Ville compte toutefois « discuter » avec l’opposition pour « définir les meilleures méthodes pour arriver à nos objectifs ».

« La population du papillon monarque a chuté de 90 % au cours des deux dernières décennies. Si l’on veut assurer sa survie, c’est maintenant ou jamais qu’il faut agir », a quant à elle fait valoir jeudi la conseillère de l’opposition, Stephanie Valenzuela, qui est aussi critique en environnement.

Son parti déposera au prochain conseil municipal, le 22 août, une motion pour forcer la Ville à entamer des démarches plus intensives auprès du fédéral.