Les Français expatriés ont fait le pied de grue, samedi, au Palais des congrès de Montréal, pour voter au premier tour de l’élection présidentielle.

Mis à jour le 9 avril
Florence Morin-Martel
Florence Morin-Martel La Presse

Sous la pluie, une imposante file de citoyens français s’apprêtant à choisir entre les 12 candidats à la présidentielle faisait plus d’une fois le tour du bâtiment. Vers midi, le temps d’attente était d’environ deux heures et demie, a gazouillé le Consulat général de France à Montréal. « Je me sens comme un animal, comme un bœuf », a lancé Frédéric Desbouis, rencontré à l’extérieur. Aux dernières élections présidentielles, en 2017, raconte le résidant de Bois-des-Filion, dans les Laurentides, il avait dû patienter plus de quatre heures pour voter à Montréal. « L’organisation d’ici est à chaque fois lamentable », a-t-il déploré.

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Frédéric Desbouis et Nathalie Poulou

Melissa Bensiali a franchi la porte du Palais des congrès en compagnie de sa sœur, Nelly Bensiali, qui est enceinte. « On se sent toujours attachées à la France, on reste françaises », a affirmé Mélissa, qui vit au Canada depuis 11 ans. Pour Nelly, arrivée à Montréal il y a huit ans, il est « important de donner son avis ». « Même si ce qu’on veut n’est pas comme la majorité », a-t-elle précisé.

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Melissa et Nelly Bensiali

Contrer l’extrême droite

La « montée de l’extrême droite en France et en Europe » est inquiétante, dit Melissa Bensiali. « On ne veut pas de Marine Le Pen au second tour », a-t-elle souligné. En France, si aucun des candidats ne remporte la majorité des voix lors du premier tour, un second scrutin a lieu entre les deux favoris. Selon le sondage Ipsos & Sopra Steria de vendredi, Mme Le Pen, candidate du parti d’extrême droite Rassemblement national, récoltait 23 % des intentions de vote. Elle est devancée par le président sortant, Emmanuel Macron, à 26,5 %.

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Luc Piché et Marie Hétu

Marie Hétu et Luc Piché racontent être venus voter afin que « l’extrême droite ne rentre pas ». « Ça fait peur », a soufflé Mme Hétu. La lutte qui s’annonce serrée entre M. Macron et Mme Le Pen donne l’impression « que notre vote peut faire une différence », a renchéri M. Piché, résidant de Sainte-Agathe-des-Monts. Ce dernier trouve « encourageant » de voir autant de gens s’être déplacés pour participer au scrutin.

Aux élections de 2017, les Français vivant au Canada avaient voté plus à gauche que ceux de leur mère patrie. Au premier tour, Marine Le Pen avait remporté seulement 7 % des voix chez les expatriés canadiens, mais 21 % des appuis en tout. Quant au candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, il avait récolté 27 % des voix sur le sol canadien, mais 20 % au total.

Ailleurs qu’à Montréal, samedi, les électeurs en Outaouais se sont rendus aux bureaux de vote situés au Lycée Claudel, à Ottawa. À Québec, le collège Stanislas a accueilli les électeurs. Les Français qui sont au Québec pourront voter au second tour le 23 avril prochain.

Avec La Presse Canadienne