Estimant être les grandes oubliées quant au transport collectif, les villes situées dans l’Est de la Couronne Nord de Montréal organisent, le 30 mai, un forum sur la mobilité, pour mieux faire entendre leurs revendications au gouvernement du Québec.

Publié le 28 mars
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

« Présentement, c’est plus rapide d’aller à Montréal en véhicule qu’en transport collectif. Tant et aussi longtemps qu’on n’est pas capable de donner une alternative qui est efficace, crédible et attractive, ça va être difficile de changer les comportements de nos concitoyens », a souligné Mathieu Traversy, maire de Terrebonne, lundi au cours d’une conférence de presse regroupant plusieurs élus municipaux du secteur.

L’achalandage des transports collectifs a atteint un creux historique, après plus de deux ans de pandémie, et les problèmes de congestion routière sont toujours aussi importants, dénoncent les maires.

Il faut dire que le « train de l’Est », qui relie Mascouche à Montréal, en passant par Terrebonne et Repentigny, a vu son trajet perturbé par les travaux du Réseau express métropolitain (REM) de l’Ouest. En raison des travaux dans le tunnel du mont Royal, le train fait maintenant un détour de 30 minutes.

De plus, le futur REM de l’Est risque de nuire à son achalandage, puisque les deux tracés sont parallèles sur une partie de leur parcours.

« Notre ligne de train de Mascouche, avec des horaires parcimonieux, et absente les fins de semaine, exige de nombreux transferts pour se rendre au centre-ville », déplore le maire de l’Assomption, Sébastien Nadeau, qui est aussi préfet de la MRC de l’Assomption et président de la Table des préfets de Lanaudière. « Le projet actuel du REM n’offre aucune considération pour les citoyens de la Couronne Nord, tout en cannibalisant les revenus déjà déficitaires du train de l’Est. »

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Guillaume Tremblay, maire de Mascouche

Le train de l’Est, il faut vraiment le remettre en question et c’est un peu l’objectif du forum.

Guillaume Tremblay, maire de Mascouche

Chaque jour, 115 000 automobiles traversent le pont Charles-de-Gaulle, parce que l’automobile est un choix beaucoup plus rapide que le transport en commun, souligne le maire de Repentigny, Nicolas Dufour. « Nos citoyens se sentent pris en otage matin et soir dans le trafic, dit-il. La surcharge du réseau routier révèle à la fois la dépendance de nos résidants face à l’auto solo, mais aussi l’absence d’équité dont ils souffrent en matière de transport collectif. »

PHOTO PHILIPPE BOIVIN, COLLABORATION SPÉCIALE

Nicolas Dufour, maire de Repentigny

En raison de cette dépendance à l’auto et de l’absence d’alternative de transport collectif, les gouvernements devront investir des milliards dans l’entretien, l’élargissement et l’ajout de voies routières, dénoncent les maires.

La mairesse de Montréal Valérie Plante, aussi présidente de la Communauté métropolitaine de Montréal, s’était déplacée à Repentigny pour participer à la conférence de presse de lundi. Elle a aussi insisté sur l’importance d’améliorer l’offre de transport en commun pour les résidents de la région qui doivent se déplacer vers la métropole, ou entre les villes de la Couronne Nord.

Au-delà des problèmes constatés, les élus affirment qu’ils auront des solutions à proposer lors du forum, mais ils n’ont pas voulu les préciser lundi.