Deux candidats à la mairie de Montréal – Balarama Holness, du parti Mouvement Montréal, et Marc-Antoine Desjardins, de Ralliement pour Montréal – s’unissent pour offrir aux Montréalais une « alternative concrète et crédible » pour les élections municipales du 7 novembre, disent-ils.

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

En conséquence, Marc-Antoine Desjardins renonce à briguer la mairie et se range derrière Balarama Holness. Le nouveau parti issu de la fusion des deux formations portera le nom de Mouvement Montréal.

M. Desjardins se présentera plutôt à la mairie de l’arrondissement d’Outremont. Il sera également membre du comité exécutif, si Mouvement Montréal l’emporte.

S’il s’allie à Balarama Holness, c’est « pour gagner ! », a-t-il lancé, en conférence de presse avec M. Holness devant l’hôtel de ville de Montréal.

« Nous allons unir Montréal ! », a affirmé M. Holness, enthousiaste. « Nous avons deux visions avec beaucoup en commun, des visions qui vont mettre les besoins des Montréalaises et Montréalais à l’avant-plan. Il y a une nouvelle ère de changement qui s’en vient à Montréal. Il est temps que les anglophones et les francophones s’unissent, que les gens de tous les horizons s’unissent. »

« Aujourd’hui, les Montréalais ont un choix clair : on peut revenir à la politique du passé, ou bâtir ensemble la politique de l’avenir », a renchéri Marc-Antoine Desjardins, qui a aussi évoqué une « union des deux solitudes ».

Plateforme commune

À cinq semaines des élections municipales, les deux partis ont déjà annoncé plusieurs candidats à des postes de maires d’arrondissement et de conseillers municipaux. Comment décideront-ils quelles candidatures demeurent ? Des candidats devront-ils se retirer ? Les deux chefs affirment qu’ils donneront ces détails dans les prochains jours, puisque les candidatures doivent être officialisées pour vendredi, 16 h 30.

Les deux partis comptent environ 65 candidats, sur les 103 postes à pourvoir à Montréal.

Ils ont également l’intention d’annoncer sous peu leur nouvelle plateforme commune, qui inclura des éléments tirés des programmes des deux partis. La « majorité des éléments de nos programmes sont en cohésion », a affirmé M. Holness.

Cependant, il existe certaines divergences entre les deux programmes. Balarama Holness propose notamment un statut bilingue pour Montréal, tandis que Marc-Antoine Desjardins fait de la défense du français un élément majeur.

Comment ces deux positions seront-elles conciliées ? « La charte de la Ville ne sera pas touchée. C’est très clair que nous allons protéger la langue française », a répondu M. Holness, qui semble donc faire marche arrière sur ce point.

Il souhaite cependant éviter de « distraire » l’opinion publique en parlant de l’enjeu de la langue et veut se concentrer plutôt sur les sujets qui préoccupent le plus les Montréalais : la question de l’accès au logement abordable, l’environnement et l’économie, dit-il.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a réagi en souhaitant bonne chance aux deux candidats à la suite de leur alliance.

« J’ai confiance que les Montréalais, les Montréalaises vont voir que c’est Projet Montréal qui est le seul parti progressiste, pragmatique et capable de livrer la marchandise. Parce qu’au final, il faut être capable de livrer, on l’a montré pendant le premier mandat. »

Denis Coderre, chef d’Ensemble Montréal, a de son côté souligné que les deux partis qui fusionnent auront plusieurs divergences à surmonter.

Un sondage publié par Le Devoir la semaine dernière donnait à Balarama Holness 8 % des voix dans la course à la mairie de Montréal, tandis que Marc-Antoine Desjardins obtenait 5 %. Les deux meneurs, Valérie Plante, cheffe de Projet Montréal, et Denis Coderre, d’Ensemble Montréal, obtenaient respectivement 36 % et 37 % des voix.

Balarama Holness est un ex-footballeur de 38 ans, qui a joué pour les Alouettes de Montréal. Il se décrit comme un « activiste » et un juriste. Il est diplômé en droit et titulaire d’une maîtrise en éducation.

En 2017, il s’était présenté à la mairie de l’arrondissement de Montréal-Nord sous la bannière de Projet Montréal.

Son parti est tout nouveau sur la scène municipale.

Marc-Antoine Desjardins, qui est avocat, a été candidat en 2019 à la mairie du Plateau-Mont-Royal pour le parti Vrai changement pour Montréal, l’ancien parti de la ministre Mélanie Joly, et en 2017, il avait tenté de se faire élire comme conseiller municipal avec l’équipe de Denis Coderre.

Avec Ariane Krol et Philippe Teisceira-Lessard, La Presse