La mairesse de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce (CDN-NDG), Sue Montgomery, se tourne vers la Cour supérieure pour contester la suspension de quatre mois qui lui a été imposée lundi par la Commission municipale du Québec (CMQ) en raison de 11 manquements à l’éthique.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Ici, ce que ma cliente allègue, c’est que la CMQ et la Ville de Montréal depuis le début, ils ont un parti pris. Ils ont enfreint ses droits, ils ont prétendu faussement qu’elle était responsable de harcèlement psychologique et d’un climat toxique de travail », a martelé son avocat, MEric Oliver, lors d’une mêlée de presse tenue devant les caméras au palais de justice, mardi.

Selon le juriste, membre du cabinet spécialisé en droit municipal Municonseils avocats, la CMQ et la Ville continuent « encore aujourd’hui » à le « prétendre faussement, alors qu’il n’y a aucune décision du Tribunal administratif du travail en ce sens-là ». De surcroît, « la Cour supérieure en décembre a dit qu’elle n’était pas responsable de ça », a-t-il poursuivi, en demandant de « racheter la réputation » de l’élue municipale.

Jointe par La Presse, Sue Montgomery, de son côté, n’a pas voulu réagir mardi. Son clan souhaite toutefois une réintégration immédiate de la principale intéressée à son poste de mairesse, en plus de la tenue d’un débat ouvert sur le fond de cette affaire. C’est le juge Mark Phillips qui déterminera si la demande de sursis peut aller de l’avant.

D’après la décision de la CMQ rendue lundi, Mme Montgomery ne pourra pas occuper son siège de mairesse pendant toute la période menant aux prochaines élections municipales, prévues le 7 novembre prochain. La sanction imposée par le juge administratif Alain R. Roy était celle qui avait été demandée par le procureur de la CMQ.

Appelée à réagir mardi, le cabinet de la mairesse de Montréal n’a pas mâché ses mots sur l’éventuelle contestation de Mme Montgomery. « La décision rendue hier par la CMQ est sans équivoque et il est grand temps que la mairesse Montgomery fasse passer l’intérêt public devant son acharnement personnel », a affirmé l’attachée de presse, Marikym Gaudreault.

Une longue saga

Le 28 juin dernier, la mairesse de CDN-NDG avait été reconnue coupable de 11 manquements déontologiques, entre autres parce qu’elle n’a pas su maintenir un climat de travail « exempt de harcèlement » parmi les employés de son arrondissement, s’est livrée à une lutte de pouvoir et a manqué de respect envers le directeur d’arrondissement et des employés de la Ville, a notamment conclu la Commission municipale du Québec.

Dans sa décision sur la sanction de 120 jours imposée à Mme Montgomery, le juge Roy dit avoir constaté « chez la mairesse une absence totale de remords ainsi qu’un comportement de déni qui ont été tels que l’application des règles du Code d’éthique ont été sérieusement bafouées au détriment de personnes vulnérables et au désavantage d’un climat de travail harmonieux, respectueux et exempt de harcèlement de quelque sorte ».

Plus tôt, lundi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, avait indiqué que « ce jugement ouvre un nouveau chapitre de l’arrondissement vers un climat de travail sain et des services publics efficaces ».

« Les citoyens peuvent enfin respirer mieux. Ce sont eux les véritables victimes de ce conflit interne à Projet Montréal, qui paralyse CDN-NDG depuis plus de deux ans », avait de son côté martelé le chef de l’opposition à l’hôtel de ville, Lionel Perez, qui est aussi candidat du parti Ensemble Montréal à la mairie de l’arrondissement.

D’abord élue avec Projet Montréal, Sue Montgomery a été expulsée du parti de la mairesse Valérie Plante il y a deux ans. En prévision des élections de novembre prochain, elle a fondé son propre parti, Courage – Équipe Sue Montgomery. Jusqu’ici, la saga entre la Ville et Sue Montgomery a coûté quelque 600 000 $ en frais judiciaires aux contribuables.

Avec Isabelle Ducas, La Presse