Alors que Denis Coderre demandait vendredi le déclenchement d’une enquête indépendante sur l’arrestation controversée d’un jeune Noir devant l’école secondaire Georges-Vanier, François Legault s’est aussi dit « profondément troublé » par la vidéo diffusée en ligne.

Philippe Teisceira-Lessard
Philippe Teisceira-Lessard La Presse
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse
Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Le candidat à la mairie a renouvelé sa confiance dans les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mais a ajouté que cette situation nécessitait un regard externe. Une vidéo de l’arrestation, qui a récemment émergé sur les réseaux sociaux, montre un policier qui semble appuyer un genou sur le cou d’un adolescent noir couché au sol.

« C’est sûr que quand on regarde ça, ça vient nous chercher, a-t-il dit. Ça prend une enquête indépendante. […] Cette technique est inacceptable, à moins que la vie du policier ou de son entourage soit mise en danger. » M. Coderre a aussi critiqué les retards du programme des caméras corporelles pour policiers.

Jeudi, le porte-parole du parti de M. Coderre en matière de sécurité publique, Abdelhaq Sari, avait déjà réclamé une enquête indépendante, en soutenant que « ce genre de technique d’arrestation [devait] être utilisée uniquement en cas de danger imminent. Ce n’est certainement pas le cas lorsque le suspect est menotté ». Il a rappelé qu’en août 2020, une motion pour interdire aux policiers montréalais d’employer « toute technique empêchant la personne visée de respirer », sauf en « dernier recours », avait été adoptée au conseil municipal.

Vendredi, en marge d’une conférence de presse tenue à Laval, le premier ministre du Québec, François Legault, s’est aussi fait demander s’il trouvait acceptable que des policiers usent encore de cette méthode d’arrestation. « Ça m’a profondément troublé de voir cette image, a-t-il répondu. Je souhaite que ça ne se fasse plus. » M. Legault dit aussi avoir demandé au SPVM d’analyser cette intervention en détail, et attendra d’autres développements avant de se prononcer davantage.

Les faits remontent au 10 juin dernier. Le SPVM avait été appelé sur place pour une bagarre entre une quinzaine de jeunes dans le secteur de l’école secondaire Georges-Vanier, rue Jarry. Deux d’entre eux ont été arrêtés pour port d’armes.

La mairesse Valérie Plante a affirmé vendredi qu’elle avait été « choquée » par les images qui ont circulé, mais a indiqué qu’elle s’en remettait à l’enquête du SPVM pour faire la lumière sur cet évènement, en notant qu’il faudrait « [faire] les gestes nécessaires pour mettre de côté des techniques qui n’ont peut-être pas leur place aujourd’hui ».

« Je ne suis pas une experte ni une policière, mais je me demande : devrait-on utiliser ces techniques ? », a-t-elle demandé, en ajoutant qu’en tant que mère d’un garçon de 15 ans, elle se sentait très concernée. Mme Plante a réaffirmé qu’elle était en faveur des caméras corporelles. Mais leur mise en place doit se faire correctement, afin de permettre que les images ainsi enregistrées soient admises en preuve en cas de procès, a-t-elle souligné.

« Une analyse est en cours, et nous ne ferons pas d’autres commentaires pour le moment », s’est contentée de dire une porte-parole du SPVM, Caroline Chèvrefils, jeudi soir. « Ceci étant dit, a-t-elle ajouté, il apparaît important de rappeler que, lors d’une intervention de la sorte, le rôle des policiers du SPVM est d’assurer la sécurité de tous, en fonction notamment du comportement des individus en cause. »

Avec Louise Leduc, La Presse