Si le déploiement d’un hélicoptère de la Sûreté du Québec volant à basse altitude a « causé des désagréments » à plusieurs Montréalais vendredi soir, l’opération vise toutefois à leur permettre de retrouver une « certaine quiétude », s’est justifiée samedi la Ville de Montréal.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Bien sûr, l’utilisation de l’hélicoptère a causé des désagréments, mais l’intervention vise aussi à permettre aux riverains des parcs de retrouver une certaine quiétude. Continuons tous et toutes à faire preuve de civisme en cette période de déconfinement », a répondu par écrit Geneviève Jutras, l’attachée de presse de la mairesse Valérie Plante, lorsque questionnée par La Presse.

La Ville précise que la présence policière sera « accrue » cette fin de semaine « pour éviter les débordements », entre autres dans les parcs, où plusieurs rassemblements se sont tenus récemment. La levée du couvre-feu a aussi été marquée par des débordements dans certains secteurs de la métropole, notamment dans le Vieux-Montréal, au cours des derniers jours.

Vendredi, plusieurs résidants se sont dits dérangés par le bruit et la présence de l’hélicoptère, emprunté à la Sûreté du Québec, que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dit utiliser pour se « donner de la visibilité » sur le territoire. En fin de soirée, l’aéronef a notamment volé au-dessus du parc Jeanne-Mance, sur le Plateau-Mont-Royal, avant de se diriger vers le parc La Fontaine. Plusieurs ont noté sur les réseaux sociaux que le bruit était puissant dans les quartiers résidentiels à proximité.

Sur Twitter, des internautes ont également déploré le caractère « surréel » ou « ridicule » de la présence de l’hélicoptère, jugeant la stratégie abusive dans les circonstances. « Ça a réveillé tout le Plateau », a notamment ironisé l’un d’eux.

Au SPVM, le porte-parole Raphaël Bergeron confirme que la présence de l’hélicoptère « est toujours planifiée pour le reste du week-end ». « On ne peut pas garantir sa présence, mais c’est possible qu’on la ressorte si le besoin se fait sentir », soutient-il, en ajoutant que le corps policier a tout de même « pris connaissance des plaintes des citoyens » qui ont été formulées dans les dernières heures. « Pour nous, ça reste un outil qui facilite le travail si on a besoin de vérifier certains éléments à la grandeur du territoire, notamment dans les parcs », indique néanmoins M. Bergeron, sans s’avancer davantage.

Pas de « surprise », réclame l’Opposition

Dans les rangs de l’Opposition officielle, le leader adjoint d’Ensemble Montréal, Francesco Miele, a soutenu samedi que « la violence et les débordements des dernières semaines dans les parcs et dans les rues de Montréal sont inquiétants ».

Cela dit, « le laisser-faire de l’administration actuelle n’est pas une option », juge-t-il. « La mairesse doit prendre ses responsabilités et préconiser des mesures temporaires pour que les citoyens de Montréal retrouvent leur quiétude, et surtout, elle doit les expliquer à la population. La population ne peut pas être prise par surprise comme hier soir », insiste ce conseiller de l’équipe du candidat à la mairie, Denis Coderre.

Vendredi, ce dernier a d’ailleurs reculé sur l’interdiction de la consommation d’alcool dans les parcs après 20 h, qu’il avait d’abord préconisée deux jours auparavant. « Pour moi, le 20 h, ce n’est pas important. Pour moi, c’est la sécurité qui est importante, a-t-il dit. Il n’est pas question d’être un briseux de partys, […] mais il y a une situation, il y a des débordements. »

Ultimement, le SPVM doit être mieux outillé pour faire respecter la loi, croit M. Coderre, pour qui la réglementation actuelle — qui permet la consommation d’alcool dans la plupart des parcs avec un repas — est suffisante, mais doit être appliquée avec plus de vigueur.