Le président de la firme Ray-Mont Logistiques, qui veut implanter un terminal de conteneurs dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, Charles Raymond, a lancé lundi un appel au « leadership » de la Ville de Montréal pour donner « l’occasion à tous les acteurs impliqués de contribuer à un développement cohérent et harmonieux du secteur ».

Bruno Bisson
Bruno Bisson La Presse

À défaut de quoi, l’entreprise mettra en œuvre son projet original de 2017, qui ne prévoit aucune mesure de mitigation pour les résidants.

« Ce qu’on s’apprête à faire, a dit M. Raymond au cours d’une conférence virtuelle, ce n’est pas ce qu’on veut faire, mais on n’a plus le choix en raison des tribunaux. » Il prévoit que les travaux débuteront l’été prochain et qu’à l’automne, on transbordera les premiers conteneurs.

Ray-Mont Logistiques a acheté en 2016 les vastes terrains de l’ancienne fonderie Canadian Steel entre les rues Hochelaga et Notre-Dame. La société souhaite y construire un vaste terminal de transbordement direct du vrac au conteneur.

En 2017, l’arrondissement refuse de délivrer ses permis. S’ensuivent deux procès, que Ray-Mont Logistiques a gagnés, et un retour à la case départ pour le projet. Avec une complication additionnelle : 36 % du lot a été gelé par une réserve foncière, en vue du passage du Réseau express métropolitain (REM) de l’Est, un projet de métro de surface de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ).

Pour réaliser son projet, dit M. Raymond, « ça prend des discussions avec la Ville de Montréal, avec des élus et dirigeants qui peuvent changer des règlements. On a des propositions, mais ça va impliquer d’autres joueurs, comme CDPQ Infra. Avec la réserve foncière, ils bloquent notre entrée pour le camionnage. Si on peut savoir comment réorganiser notre camionnage, c’est correct, on va s’adapter, mais il faut se parler. »

« Pas de plan concret », dénoncent les opposants

Peu après la conférence virtuelle de M. Raymond, la porte-parole du groupe citoyen Mobilisation 6600 parc-nature MHM, Cassandre Charbonneau, qui s’oppose au projet, s’est dite peu impressionnée par ses propos.

« Son discours, on l’a déjà entendu, dit Mme Charbonneau, qui habite le secteur de Viauville, voisin du site de Ray-Mont. Ce que j’en retiens, c’est qu’il n’a toujours pas de plan concret de mitigation [des impacts du projet], et qu’à chaque occasion qu’il a eue d’en présenter un, il ne l’a pas fait. »

Mme Charbonneau a qualifié les esquisses et plans d’artistes qui ont été soumis aux élus et citoyens « comme des concepts amateurs » qu’on ne peut pas qualifier de propositions sérieuses.

« Il dit qu’il veut discuter avec les élus, avec CDPQ. Il y a une instance de coordination qui a été mise en place par l’administration actuelle juste pour cela. Cette instance-là a débuté ses travaux au mois de janvier, et M. Raymond a assisté à une seule séance à titre d’observateur. S’il veut être entendu, il sait où se présenter. »