La mairesse de Montréal, Valérie Plante, souhaite la réouverture des terrasses le 1er juin, mais le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, refuse de confirmer que le gouvernement donnera son accord et demande « aux politiciens de rester tranquilles ».

Isabelle Ducas
Isabelle Ducas La Presse

Dans un message publié sur Twitter jeudi matin, Mme Plante a indiqué que l’administration municipale était en discussion avec ses partenaires de la santé pour planifier l’ouverture des terrasses.

Elle disait espérer « une ouverture le 1er juin, si la Santé publique le permet, en capacité réduite et dans le respect des règles sanitaires ».

La mairesse a aussi révélé qu’elle allait annoncer ce vendredi de l’aide financière pour les bars et les restaurants de Montréal, « une industrie si importante » pour la métropole, a-t-elle souligné.

Plus tard, en marge d’une conférence de presse, la mairesse a expliqué que « les restaurateurs ont besoin de prévisibilité, d’oxygène et d’argent. La vaccination va bien, et les restaurateurs nous disent qu’ils pourraient s’adapter, par exemple en gardant une distance de plus de deux mètres entre les clients ».

Évidemment, il faut que la situation continue de bien aller. C’est stable, ça demeure fragile, mais on est très encouragés.

Valérie Plante, mairesse de Montréal

Questionné à ce sujet en conférence de presse, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a dit comprendre qu’il y aura des élections municipales en novembre et qu’il serait plus facile de serrer des mains d’électeurs sur des terrasses, mais il a appelé la mairesse à ne pas brûler les étapes. « Je resterais prudent dans les demandes. Je demande aux politiciens de rester tranquilles le temps qu’on ait notre plan de relance », a-t-il dit.

Valérie Plante a répliqué au ministre Dubé sur Twitter.

« Donner de la prévisibilité aux restaurateurs et bars qui souffrent depuis un an, dans le respect des décisions de la Santé publique, c’est la bonne chose à faire. Je ne vais ni me croiser les bras, ni “rester tranquille” face à la détresse de ces derniers », a-t-elle écrit.

« Simple bon sens »

Certains restaurateurs indiquent de leur côté qu’ils ont l’œil sur le 1er juin depuis quelque temps déjà pour l’inauguration de leurs terrasses. C’est le cas de David McMillan, chef propriétaire du restaurant Joe Beef, et de quatre autres enseignes à Montréal.

« Selon nos lobbys, qui parlent avec le gouvernement provincial, c’est la date qui est planifiée pour la réouverture, affirme M. McMillan. C’est le simple bon sens. Tant que la majorité de la population n’était pas vaccinée, on avait peu d’espoir. Mais le 1er juin, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas ouvrir à l’extérieur, avec la distanciation physique comme l’été dernier. »

Le restaurateur a commencé à rappeler du personnel en prévision de cette date, dit-il, soulignant que de nombreux anciens employés avaient maintenant trouvé du travail dans d’autres domaines.

« La différence avec l’année dernière, c’est que maintenant, on connaît les protocoles et on a les équipements nécessaires », fait remarquer Pierre Thibault, président de la Nouvelle association des bars du Québec et propriétaire de la Taverne Saint-Sacrement.

On est prêts à rouvrir, mais on ne veut pas l’apprendre à la dernière minute.

Pierre Thibault, président de la Nouvelle association des bars du Québec et propriétaire de la Taverne Saint-Sacrement

Un groupe de travail de restaurateurs doit être mis sur pied avec des représentants de la Santé publique et de la Commission de normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail pour planifier la réouverture des restaurants et des bars, révèle François Meunier, vice-président aux affaires publiques de l’Association Restauration Québec.

M. Meunier estime qu’il serait approprié de permettre maintenant l’ouverture des terrasses. « C’est une manière encadrée de socialiser, fait-il valoir. Plutôt que de se réunir dans les résidences privées, c’est mieux que les gens sortent sur les terrasses où les mesures de distanciation sont surveillées. Ça permettrait aux gens de recommencer à vivre tranquillement. »