(Québec) L’amélioration est toujours possible concernant le tracé aérien du Réseau express métropolitain (REM) de l’Est, a laissé entendre mercredi la Caisse de dépôt et placement (CDPQ), maître d’œuvre du projet.

Patrice Bergeron La Presse Canadienne

Le tracé aérien de ce projet de train fait l’objet actuellement d’une opposition féroce en raison de l’enfilade de piliers de béton qui pourraient ainsi apparaître du centre-ville de Montréal jusqu’à Pointe-aux-Trembles.

En commission parlementaire à Québec, le vice-président affaires corporatives, développement et stratégie de CDPQ Infra, Harout Chitilian, a laissé entendre qu’une cinquantaine de scénarios avaient été étudiés.

Concernant les « modes d’insertion », c’est-à-dire le choix d’un tracé aérien, « ils sont continuellement en train d’être évalués et analysés », a-t-il indiqué en rappelant qu’il restait trois ans pour l’améliorer.

Il a donné comme exemple le tracé à Montréal-Nord, qui a été revu pour passer en souterrain.

« Je comprends que pour l’Est, ce n’est pas envisageable », a demandé le député péquiste Joël Arseneau.

« Les optimisations sont toujours possibles dans un projet de cette envergure », a affirmé M. Chitilian.

Rappelons que des résidants des secteurs touchés ainsi que des experts ont dénoncé la formule du tracé aérien, considérée comme une structure trop invasive par rapport à un tunnel.

Un nouveau comité d’experts d’une quinzaine de personnes a aussi été annoncé cette semaine pour conseiller la Caisse de dépôt dans ce chantier.

Le coût de la réalisation du REM de l’Est avoisinerait les 10 milliards. La députée Ruba Ghazal, de Québec solidaire, a tenté de savoir combien coûterait le parachèvement d’un tronçon souterrain.

« On a dit que ça allait coûter deux ou trois fois le prix, a-t-elle rapporté. Deux ou trois fois le prix de quoi ? »

« On n’a pas une ventilation pour chacune des stations, il y a encore du mouvement possible, a argué la ministre déléguée aux Transports, Chantal Rouleau. Votre question arrive trop tôt. »

Commission refusée

Par ailleurs, Mme Rouleau a fermé la porte à une demande formulée par le Parti québécois (PQ), soit une séance de commission parlementaire consacrée uniquement au REM de l’Est.

« Aujourd’hui, vous avez la chance (de poser des questions) », a répondu Mme Rouleau, en reprochant à M. Arseneau de n’avoir pas posé de questions sur cet enjeu lors d’une autre séance avec le ministre des Transports, François Bonnardel.

« J’espère que vous ne considérez pas que les neuf minutes qui sont à ma disposition aujourd’hui sont suffisantes pour parler d’un projet de 198 ans et de plusieurs dizaines de milliards de dollars qui va lier le gouvernement et l’ensemble de nos concitoyens », a-t-il répliqué.

Le contrat qui lie le gouvernement du Québec à la Caisse pour les redevances à verser au REM est en effet de 99 ans, renouvelable.